Concilier sa vie professionnelle et sa vie d’aidant

En France, 51% des aidants ont une activité professionnelle(1), soit environ un salarié sur dix. Entre vie active et vie d’aidant, comment trouver l’équilibre ?

Parmi les salariés aidants, 8 sur 10 (1,3 million de salariés) ont modifié leurs horaires de travail et plus d’1 sur 3 ont réduit leur nombre d’heures. Et pour cause : certains aidants consacrent près de 5 heures par jour à leur proche. Dans ces conditions, il est nécessaire de trouver des solutions pour faciliter son activité professionnelle.

Aménager sa vie professionnelle

Par pudeur et/ou peur de retombées négatives, les aidants n’osent pas toujours parler de leurs difficultés à leur employeur. Pourtant, les entreprises commencent à être sensibilisées à la question et des aménagements peuvent être convenus au cas par cas (horaires, lieu de travail, déplacements, nature des missions, modalités de prise des congés, etc.).
Des dispositifs peuvent aussi avoir été négociés de façon collective et s'inscrire, par exemple, dans le cadre d'un accord d'entreprise. Avant de négocier avec votre employeur, renseignez-vous sur les possibilités existantes auprès des représentants du personnel ou du service social de votre entreprise.

Des congés pour les aidants

Plusieurs types de congés et d’allocations existent aussi pour soutenir les personnes qui souhaitent concilier leur vie professionnelle et leur vie d’aidant.


Le congé de présence parentale
Il s’adresse aux salariés ayant à charge un enfant de moins de 20 ans gravement malade, accidenté ou handicapé. Il permet l’interruption de leur activité professionnelle durant 310 jours, en une ou plusieurs fois, sur une période maximale de 3 ans, renouvelable en cas de rechute. Non rémunéré, il est assorti de l’allocation journalière de présence parentale sous certaines conditions.

Le congé de solidarité familiale
Il concerne les salariés accompagnant un membre de leur famille dans une phase très avancée de la maladie. Il est d’une durée maximale de trois mois, renouvelable une fois, et comporte, dans certaines conditions, l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie n’excédant pas vingt et un jours. Il peut être pris en continu, ou en période d’activité à temps partiel.

Le congé de proche aidant
Il est destiné aux salariés qui souhaitent suspendre leur contrat de travail pour s'occuper d'un proche âgé dépendant ou lourdement handicapé. Ce congé ne peut être ni refusé, ni reporté par votre entreprise. D’une durée de 3 mois, il peut être renouvelé pour une durée maximale d’un an sur l’ensemble de la carrière professionnelle. Le contrat de travail est suspendu pendant cette période et vous n’êtes pas rémunéré.

 

Les dispositions de la loi Travail du 8 août 2016

Enfin, sachez que des mesures en faveur des proches aidants sont également prévues dans le cadre de la loi :

  • Les parents d'enfants en situation de handicap vivant à domicile peuvent bénéficier de jours de congés supplémentaires.
  • La durée des congés pris en une seule fois peut excéder 24 jours.
  • Le travail de nuit peut être refusé sans constituer une faute ou un motif de licenciement, et vous pouvez demander l’affectation sur un poste de jour.

En savoir plus :
loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels

(1) Baromètre 2017/Fondation April et B.VA.

Une reconnaissance législative

La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement reconnaît pour la première fois aux proches aidants un rôle complémentaire à celui des professionnels. Ce texte prévoit un droit au répit dans le cadre de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), des dispositifs de formation et d’accompagnement des aidants, la conciliation entre vie professionnelle et rôle d’aidant avec la transformation du congé de soutien familial en congé de proche aidant.

Valorisez votre activité d’aidant

Dans votre dialogue avec votre employeur, n’hésitez pas à expliquer ce que représente votre rôle d'aidant en termes de responsabilités, de contraintes, etc. Vous pouvez également insister sur ce que cette expérience vous permet de développer ou de renforcer (capacité d'adaptation, qualités relationnelles, etc.).

Cet article en synthèse

  • Dans votre dialogue avec votre employeur, n’hésitez pas à expliquer ce que représente votre rôle d'aidant en termes de responsabilités, de contraintes, etc. Vous pouvez également insister sur ce que cette expérience vous permet de développer ou de renforcer (capacité d'adaptation, qualités relationnelles, etc.).
  • La loi travail du 8 août 2016 a prévu certaines mesures pour les aidants salariés et les entreprises commencent à expérimenter ces dispositifs.
  • Plusieurs aides et allocations existent pour épauler les salariés qui concilient vie professionnelle et vie d’aidant.

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