La démarche palliative : privilégier le confort des malades

Accompagner le processus naturel vers la fin de vie est un principe fondamental des soins palliatifs. Leur mise en œuvre est aujourd’hui préconisée en établissement médico-social et au domicile(1). Le point sur cette démarche.

Prévenir et soulager les souffrances

La démarche palliative est une approche pour améliorer la qualité de vie des patients dont la mort est proche. Elle passe par la reconnaissance précoce des soins, l’évaluation du traitement de la douleur et des problèmes physiques, psychosociaux ou spirituels. Centrée sur les besoins et les attentes du patient et de ses proches, elle met en œuvre un accompagnement psychologique et de soins de confort qui s’adapte aux évolutions de la maladie jusqu’au décès. « Il est arrivé qu’une malade très anémiée soit transfusée afin qu’elle puisse profiter encore de ses plaisirs avant de mourir », témoigne une infirmière(2).

Des personnes en fin de vie de plus en plus nombreuses

La démarche palliative permet également d’accompagner le système de santé dans l’accueil d’un nombre croissant de situations de fin de vie(3) : selon l’INSEE, une hausse d’environ 50% des décès par an est prévue d’ici 2060. Par ailleurs, le vieillissement, associé à l’augmentation du nombre de maladies chroniques et de maladies neuro-dégénératives, va peu à peu complexifier les situations de fin de vie.

Une prise en charge pluridisciplinaire

C’est pourquoi la démarche palliative implique une prise en charge globale de chaque patient. La pluridisciplinarité est de mise. Infirmières, soignants, aides soignantes, psychologues… collaborent dans un fort esprit d’équipe. Une solidarité indispensable pour coordonner les nombreux acteurs, éventuellement l’intervention de ressources spécialisées, et le soutien des aidants.

La démarche palliative chez soi

En outre, la mise en œuvre des soins palliatifs n’est plus uniquement réservée à des unités et espaces dédiés. Face à une volonté croissante de vivre sa fin de vie entouré de ses proches et sans les contraintes hospitalières (85% des patients souhaitent finir leur vie chez eux(3)), la démarche palliative s’étend aux établissements médico-sociaux et à domicile.

Des soins palliatifs précoces pour plus d’efficacité

Simultanément aux traitements spécifiques de la maladie ou non, les soins palliatifs ne se limitent pas non plus aux soins des derniers jours ou dernières semaines de vie. Ils peuvent être proposés tôt dans l’évolution d’une maladie grave. Plusieurs études montrent en effet que les soins palliatifs débutés précocement améliorent le contrôle des symptômes, la qualité de vie, et dans certains cas, peuvent augmenter l’espérance de vie.

Communiquer avec le patient

Enfin, un dialogue sur la démarche palliative doit être initié par le médecin, parfois bien avant la fin de vie du patient. Il s’agit avant tout d’expliquer le mot « palliatif », souvent compris comme s’appliquant aux « dernières semaines de vie ». Or, ce n’est pas le cas. Une fois la démarche intégrée par le malade, la famille et tous les intervenants, celle-ci pourra se déployer en établissements médico-sociaux ou sur le lieu de vie, dans le respect du patient et de ses proches.

En savoir plus :

L'essentiel de la démarche palliative

(1) Plan national 2015-2018 de la Haute Autorité de la Santé (HAS) pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie.
(2) Actu Soins Magazine – Mai 2017.
(3) Rapport sur les soins palliatifs et la fin de vie – Inspection Générale des Affaires Sociales - Janvier 2017.

Cet article en synthèse

  • La démarche palliative a comme objectif d’améliorer la qualité de vie des patients dont la mort est proche, en établissement médico-social ou à domicile.
  • La prise en charge s’adapte aux évolutions de la maladie jusqu’au décès.
  • Les soins palliatifs peuvent être proposés tôt dans l’évolution d’une maladie grave.

Partagez cet article