L’accident ischémique transitoire, un mini-AVC à soigner en urgence

Temporaire et sans séquelle, l’accident ischémique transitoire est pourtant loin d’être anodin. S'il n'est pas pris en charge immédiatement, cet accident neurologique est suivi une fois sur quatre d’un accident vasculaire-cérébral aux conséquences graves.

Des points communs

L’accident ischémique transitoire (AIT) est moins connu que l’accident vasculaire-cérébral (AVC). Ces deux attaques cérébrales ont la même origine, soudaine : l’interruption de la circulation sanguine dans une artère cérébrale, le plus souvent après la formation d’un caillot de sang. Autre similitude, les symptômes : troubles du langage, perte d’équilibre, faiblesse, insensibilité ou paralysie d’un membre, sourire asymétrique, perte brutale de la vision d'un œil.

Et des différences

À la différence d’un AVC, les symptômes de l’AIT s’estompent après quelques minutes seulement. Le patient récupère vite, sans séquelles. La raison ? La circulation sanguine reprend d’elle-même dans les artères cérébrales. C’est pour cette raison que l’AIT passe parfois inaperçu ou peut être confondu avec un simple malaise.

AIT = danger

Pourtant, l’accident ischémique transitoire n’est pas à prendre à la légère. Le danger est élevé dès les premières heures (5% de risque dans les 48 heures) et dans les semaines (entre 12% à 20% dans les trois mois) qui suivent une première attaque transitoire.

Une prise en charge en urgence

C’est pourquoi l’AIT doit être traité en urgence. Même si les symptômes disparaissent, il est impératif de contacter le Samu (15) pour une prise en charge hospitalière, si possible en unité neurovasculaire.

En 2016, une étude internationale coordonnée par le professeur Pierre Amarenco, chef du service de neurologie et du Centre d’accueil et de traitement de l’attaque cérébrale à l’hôpital Bichat, à Paris, révèle que la prise en charge dans les 24 heures d’un AIT diminue de moitié la survenue ultérieure d’un AVC. Un traitement médicamenteux adapté ou une intervention chirurgicale permettrait d’éviter environ 15 000 AVC chaque année en France. L’enjeu est d’envergure : l’AVC est la troisième cause de mortalité en France, la première cause de handicap acquis de l’adulte et la deuxième cause de démence.

Trois centres SOS-AIT en France

Dès 2003, le professeur Pierre Amarenco a lancé un centre « SOS-AIT » à l’hôpital Bichat, dédié à la prise en charge immédiate des patients victimes d’un AIT. L’enjeu ? Réaliser tous les examens en moins de trois heures pour déterminer s’il s’agit d’une fausse alerte ou s’il faut traiter en urgence. À l’issue de cette prise en charge, 3 patients victimes d’un AIT sur 4 sont rentrés chez eux avec une ordonnance de traitement préventif. 1 sur 4 a été hospitalisé pour un traitement immédiat. Mais il n’existe que trois centres « SOS-AIT » en France, à Paris, Toulouse et Lyon, quand le Royaume-Uni compte environ 200 structures équivalentes.

Cet article en synthèse

  • L’accident ischémique transitoire (AIT) présente la même origine et les mêmes symptômes qu’un accident vasculaire-cérébral.
  • Les symptômes ne durent que quelques minutes et disparaissent sans laisser de séquelles.
  • L’AIT est un signal d’alerte de l’AVC.

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