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Le diabète, source de multiples complications

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Le diabète se caractérise par un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose trop élevé. Cette hyperglycémie chronique due à un dysfonctionnement de l’assimilation des sucres apportés par l’alimentation doit impérativement être maîtrisée. En effet, un diabète non contrôlé peut être source de multiples complications à long terme : infarctus, AVC, insuffisance rénale, maladie d’Alzheimer… Autant de troubles graves qu’il est important de déceler rapidement pour préserver l’autonomie et la vie du patient.

Sommaire

Diabète, un danger pour nos artères

La présence de sucre dans le sang favorise la coagulation sanguine et la détérioration des parois vasculaires. Endommagés et moins bien irrigués, les vaisseaux ont tendance à accumuler des dépôts de graisse sur leurs parois. Ces plaques d’athérome qui grossissent et durcissent bouchent progressivement les artères et peuvent même les obstruer complètement si elles se décrochent. Le sang ne circulant plus, les cellules privées d’oxygène meurent. L’organe irrigué par l’artère affectée est endommagé et certaines de ses parties peuvent même être détruites. La localisation du vaisseau obstrué (cœur, cou, jambes…) détermine la complication engendrée.

Les personnes diabétiques ont deux fois plus de risque d’avoir un accident cardiovasculaire que les non-diabétiques d’âge équivalent. Les femmes sont encore plus exposées[1].
Les maladies cardiovasculaires sont d’ailleurs la première cause de mortalité chez ces patients, avant le cancer.

Un risque accru d’infarctus du myocarde

La crise cardiaque est l’une des complications les plus fréquentes de cette maladie. Elle se produit lorsque l’artère coronaire altérée sous l’effet du diabète se bouche. Chaque année, 10 000 diabétiques sont hospitalisés pour un infarctus du myocarde
et 1 000 d’entre eux en décèdent.

Le risque d’infarctus du myocarde est 3 à 5 fois plus élevé chez les diabétiques[2].

Des accidents vasculaires cérébraux (AVC) plus fréquents

Si les artères du cou se dégradent en raison d’une glycémie excessive, le cerveau n’est pas épargné. Ainsi, une étude a montré que le diabète augmenterait de 35 % le risque
d’AVC[3] .
On sait également qu’il multiplie par 2,27 le risque d’AVC ischémique et par 1,56 le risque d’AVC hémorragique[4].
Il induirait aussi plus de décès chez les personnes atteintes et une récupération moins bonne suite à l’AVC.

Des jambes qui souffrent

Parfois, ce sont les artères du pied, de la jambe ou de la cuisse qui sont touchées. On parle alors d’artériopathie (ou d’artérite) des membres inférieurs. Le patient ressent d’abord une douleur à la marche, qui disparaît après quelques minutes s’il s’arrête. Si l’artériopathie progresse, la douleur survient de plus en plus tôt et l’autonomie s’amenuise. En l’absence de traitement, l’artère peut entièrement se boucher. Dans ce cas, le seul recours est d’amputer le membre.

Chaque année, 9 000 amputations sont dues à une artérite (inflammation des artères) provoquée par le diabète (Inserm).

Des plaies difficiles à guérir peuvent aussi apparaître. La mauvaise circulation sanguine générée par le diabète limite la quantité d’oxygène parvenant jusqu’aux tissus endommagés. Ceux-ci mettent donc plus de temps à se reconstituer et à cicatriser.

Diabète, attention aux yeux

Le diabète peut abimer les micro-vaisseaux des yeux. Cette pathologie, appelée rétinopathie diabétique, touche la rétine, cette membrane à l’arrière de l’œil indispensable pour voir. Une fois cette pellicule altérée par l’excès de sucre, la vue baisse et une cécité peut apparaître.

Le diabète peut également favoriser l’apparition d’une cataracte ou d’un glaucome.

En France, la rétinopathie diabétique est la première cause de cécité avant 65 ans. Elle touche 50 % des patients ayant un diabète de type 2[5]

Des reins en danger

Si les petits vaisseaux qui irriguent les reins sont endommagés par le diabète, les membranes qui filtrent le sang s’épaississent. Ainsi, certaines substances indésirables normalement évacuées par les urines restent dans le sang et empoisonnent l’organisme.

La néphropathie diabétique évolue sans symptôme apparent excepté une hypertension artérielle quand la maladie est déjà bien installée.
Pour identifier au plus tôt cette pathologie et éviter qu’elle ne s’aggrave, il est essentiel de faire des examens réguliers. Ainsi, l’Assurance maladie recommande un bilan rénal au moins une fois par an. Elle conseille également de faire mesurer l’hémoglobine glyquée (HbA1c) tous les trois mois.

Environ 50 % des insuffisances rénales sévères sont liées au diabète ou à l’hypertension[6]. Chaque année, 3 000 diabétiques démarrent une dialyse ou subissent une greffe de rein (Inserm).

Des dommages sur le système nerveux

Lorsque l’hyperglycémie touche la structure des nerfs, on parle de neuropathie diabétique. Cette pathologie peut déclencher des douleurs inexpliquées et/ou diminuer la sensibilité (au froid, au chaud, au toucher, à la douleur).
Si elle touche le système nerveux autonome, les fonctions automatiques de l’organisme (respiration, digestion, élimination, rythme cardiaque…) se dérèglent. Le diabétique peut alors avoir différents problèmes selon la zone endommagée : cardiovasculaires, digestifs, urinaires…

Les pieds sous haute surveillance

Le diabète affecte aussi les pieds. La perte de sensibilité due à l’atteinte des nerfs amoindrit la sensation de douleur. Des petites blessures au pied (cor, durillon, fissure, crevasse, mycose…) peuvent passer inaperçues. N’étant pas soignées, elles s’aggravent et s’infectent d’autant plus vite que le diabète rend la cicatrisation difficile.

De plus, la diminution de la sensation de douleur risque de modifier les appuis du pied. Le corps venant s’appuyer sur des zones plus fragiles, le pied peut finir par se déformer.

Diabète, un lien avec la démence ?

Comme l’infarctus du myocarde, la démence peut être considérée comme une complication chronique du diabète. Telle est la conclusion d’une étude réalisée sur plus de 10 000 personnes de 1985 à 2016[7]. Ainsi, 18,3 patients diabétiques depuis 10 ans pour mille par année ont des problèmes de démence à 70 ans. Au même âge, ce taux est de 8,9 pour 1000 personnes/année pour les non-diabétiques.

La démence vasculaire est l’une des premières formes de démence induite par cette maladie. En effet, l’altération des vaisseaux et la mauvaise circulation sanguine provoquées par le diabète peuvent générer AVC et micro-AVC. Suite à l’accident vasculaire, le sang ne peut plus circuler dans les zones habituellement irriguées par le vaisseau obstrué. Privées d’oxygène, les cellules cérébrales meurent entraînant un déclin cognitif.

Il existerait également un lien entre diabète et maladie d’Alzheimer. L’une des hypothèses avancées pour l’expliquer serait la résistance à l’insuline des cellules. Ce trouble métabolique que l’on retrouve dans les deux maladies empêche les cellules d’absorber le sucre. Or, les neurones ont besoin de beaucoup de glucose pour jouer leur rôle. L’insulino-résistance les privant du sucre dont elles ont besoin, elles fonctionnent avec difficultés puis finissent par mourir.

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Les complications du diabète peuvent limiter l’autonomie
et mettre la vie en danger

Le patient diabétique ayant une moindre perception de la douleur, les symptômes de ces troubles risquent souvent de passer inaperçus.
Si vous êtes diabétique, consultez régulièrement votre médecin pour réaliser les examens de suivi recommandés. Mettre le diabète sous contrôle permet d’identifier plus rapidement une complication, ce qui évite son aggravation.

Cet article en synthèse
• Les personnes diabétiques ont un risque élevé de présenter des complications. Un suivi régulier permet de les diagnostiquer précocement ce qui évite leur aggravation.
• L’altération des vaisseaux sanguins, conséquence fréquente de la maladie, peut générer infarctus du myocarde, AVC, amputation d’un membre, insuffisance rénale.
• L’hyperglycémie peut aussi perturber le fonctionnement des nerfs et provoquer des problèmes aux pieds (déformations, infections).
• Plusieurs études récentes démontrent, en outre, que le diabète augmenterait le risque de démence.

[1] Source des données sur les maladies cardiovasculaires : Académie nationale de Médecine

[2] Source : Inserm

[3] Étude Interstroke (2007 à 2010) : 6 000 personnes suivies (3 000 cas d’AVC et 3 000 cas témoins) dans 22 pays.

[4] Méta-analyse avec 102 études prospectives réalisée sur 698 782 personnes diabétiques et non diabétiques (The Lancet, 2010).

[5] Fédération française des diabétiques

[6] Source : Inserm