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Le sucre... si doux mais si controversé

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Le sucre est indispensable au bon fonctionnement de notre organisme. Pourtant, son utilisation est très controversée et il est vivement recommandé de ne pas en abuser pour préserver notre santé. Quels sont les effets néfastes de cet aliment sur l’organisme ? Y a-t-il un bon sucre et un mauvais sucre ? Wikidépendance vous donne quelques clés pour mieux connaître cet aliment si doux qui peut pourtant devenir votre meilleur ennemi.

Sommaire

Que se passe-t-il quand nous mangeons du sucre ?

Quand nous mangeons des denrées sucrées, le pancréas sécrète de l’insuline pour faciliter l’assimilation par l’organisme du glucose ingéré. Une fois absorbé par les cellules, celui-ci est transformé en carburant utilisé par les muscles et les différents organes, notamment le foie. C’est donc une source d’énergie essentielle au bon fonctionnement de notre corps.

Une grande quantité de sucre consommé au même moment induit une forte production d’insuline par le pancréas pour réguler l’excédent. Cette montée d’insuline provoque un regain de dynamisme rapidement suivi d’une sensation de fatigue quand le taux d’insuline chute. Cette dernière sera d’autant plus importante et brutale (et donc la fatigue intense) que la sécrétion d’insuline a été élevée.

Le réflexe, dans ce cas, est de manger à nouveau des aliments sucrés pour retrouver de l’énergie. Un cercle vicieux s’installe : sucre – fatigue – sucre…

Or, plus nous mangeons des aliments riches en sucre, plus les mécanismes permettant au corps de les assimiler s’enrayent. Ces dysfonctionnements, loin d’être anodins, déclenchent inflammation chronique et désordres métaboliques et risquent à terme d’affecter gravement notre santé.

Le sucre, un danger pour notre santé

Un risque accru de diabète de type 2

Lorsque le sucre ingéré est constamment supérieur aux besoins, les cellules sont en permanence exposées à l’insuline. Stimulées continuellement, elles diminuent progressivement le nombre de capteurs présents à leur surface et, pour finir, deviennent résistantes à l’insuline. Le glucose étant de moins en moins bien absorbé par l’organisme, il reste dans le sang et la glycémie augmente.

Le diabète de type 2 apparaît quand le pancréas n’arrive plus à secréter assez d’insuline pour réguler le sucre. Or, plus l’alimentation en contient, plus le pancréas est sollicité pour aider le corps à l’assimiler. Si aucun changement n’est effectué, le pancréas s’épuise et devient finalement incapable de produire suffisamment d’insuline pour équilibrer la glycémie. L’organisme, ne sachant plus gérer le glucose, y devient intolérant.

L’insulo-résistance des cellules est aussi source de surpoids car elle limite la production de leptine. Cette hormone chargée d’envoyer le signal de satiété au cerveau aide à réguler l’appétit et le métabolisme. Lorsqu’elle est produite en quantité insuffisante, la sensation de faim devient quasi permanente. Pour la faire disparaître, la personne mange plus pendant les repas et multiplie les pauses sucrées. Ce surcroît de sucre n’est pas converti par l’organisme soit parce qu’il est inutile soit en raison de l’insulo-résistance. Il est alors transformé en graisse qui vient notamment se loger autour des organes vitaux situés dans le ventre. Or, l’obésité abdominale est un des facteurs de risque de diabète.

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Un système cardiovasculaire sous tension

Une consommation excessive de sucre déclenche des dérèglements qui augmentent le risque d’accident cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Tout d’abord, l’apport constant de sucre génère une résistance à l’insuline qui inhibe la production de monoxyde de carbone. Or, ce gaz, en assurant la bonne dilatation des vaisseaux sanguins, aide à mieux prévenir les problèmes cardiovasculaires.

De même, la moindre capacité de l’organisme à stocker le magnésium entraîne des carences qui empêchent la détente musculaire. Les muscles lisses des vaisseaux se relâchant insuffisamment, les parois vasculaires sont toujours en tension ce qui génère de l’hypertension.

Enfin, le fructose présent dans le sucre (en poudre, en morceaux ou industriel) favorise la production d’acide urique. Cet excès d’acide urique, qui peut être à l’origine d’un diabète de type 2, inhibe également la sécrétion d’oxyde nitrique. Or, cette molécule anti-inflammatoire favorise la dilatation et la réparation des vaisseaux sanguins prévenant ainsi maladies cardiovasculaires et hypertension.

Des effets néfastes sur le cerveau

Chaque jour, le cerveau dépense 20 % de la totalité du glucose fournie à l’organisme. C’est donc l’organe qui en consomme le plus. Le glucose, indispensable au bon fonctionnement cérébral, ne doit toutefois pas être présent en trop grandes quantités. Si c’est le cas, le sucre va endommager l’hippocampe, essentiel dans le processus de mémorisation. C’est, en effet, cette partie du système nerveux central qui crée, classe et archive idées et souvenirs. Le glucose diminue également le volume de l’amygdale cérébrale, siège du décodage des émotions et de la motricité fine.

Plusieurs études ont montré qu’un diabète de type 2 augmente de 50 % le risque de démence[1]. Elle accroît notamment le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer qui en est la forme la plus fréquente. Or, cette démence dégénérative est rapidement invalidante. Elle nécessite de prévoir un accompagnement à adapter au fil de l’évolution de la maladie.

Un impact sur le développement des cancers

La consommation de sucre en excès engendre une prise de poids voire de l’obésité pouvant favoriser le développement des cancers.

En effet, le surpoids provoque des changements dans le métabolisme : extension de la masse graisseuse, résistance à l’insuline, inflammation chronique… Ces modifications augmentent la production d’éléments (hormones, facteurs de croissance…) qui influencent la multiplication et la différenciation des cellules et donc contribuent à la progression du cancer. De plus, chez la femme, le tissu adipeux sert d’espace de stockage pour les hormones, en particulier pour les œstrogènes. L’augmentation de la masse grasse multiplie donc le risque d’apparition d’un cancer hormono-dépendant comme le cancer du sein ou de l’endomètre.

Des intestins en mauvaise santé

Le microbiote intestinal tapisse les parois du foie et des intestins. Lorsque sa composition répartie entre micro-organismes sains et bactéries pathogènes est équilibrée, il préserve notre santé.

Des apports trop importants en sucre multiplient les mauvaises bactéries de l’intestin et perturbent l’équilibre de la flore. Manger des aliments riches en fibres permet alors de le rétablir en aidant les bonnes bactéries à se développer. Si cela n’est pas fait, le microbiote ne peut plus jouer son rôle protecteur.

S’ensuivent divers désagréments (ballonnements, transit perturbé…) dont il faut toutefois vérifier qu’ils ne proviennent pas d’une intolérance au gluten. À ces dysfonctionnements s’ajoutent une baisse d’immunité et le risque de développer une maladie chronique de l’intestin. De plus, comme l’explique un article publié par l’Inserm, un microbiote déséquilibré favorise les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Il contribue aussi à l’apparition des maladies de Parkinson et d’Alzheimer, de l’autisme, de troubles psychotiques (anxiété, dépression, schizophrénie).

Diminuer le sucre, oui… mais lequel ?

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’apport en sucres doit représenter moins de 10 % de l’apport énergétique total. Cela correspond à 50 g pour un adulte (soit 12 cuillères à café) dépensant 2 000 kilocalories par jour.

Mais de quels sucres s’agit-il ?

Ces recommandations sont relatives à l’absorption de sucres libres c’est-à-dire de sucres ajoutés. Elles concernent le sucre cristallisé (de betterave ou de canne), le miel, les sirops concentrés et les jus de fruits. À ces sucres facilement identifiables, s’ajoutent le glucose et le fructose des produits alimentaires industriels sucrés mais aussi salés !

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) préconise 100 g de sucres totaux par jour. Cette indication contrairement au seuil énoncé par l’OMS inclut aussi les sucres naturellement présents dans les aliments, y compris les sucres des produits laitiers (lactose et galactose). L’Anses recommande également de ne pas consommer plus d’une boisson sucrée par jour en privilégiant les jus de fruits.

Cet article en synthèse
.Le sucre est indispensable au bon fonctionnement de notre organisme, c’est même la principale source d’énergie de nos cellules.
.Une consommation excessive de sucre dérègle les processus organiques qui permettent au corps de le métaboliser et de l’utiliser.
.S’ensuivent des dysfonctionnements qui augmentent le risque d’apparition d’un diabète de type 2, de cancers, de maladies cardiovasculaires…