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Mieux comprendre le diabète

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mieux comprendre le diabète

En France, le nombre de personnes souffrant de diabète est en constante progression. Ainsi, en 2020, l’Assurance maladie dénombrait 4 millions de diabétiques et estimait qu’environ 500 000 d’entre eux ignoraient leur état. Un nombre inquiétant qui montre l’importance de mieux comprendre les mécanismes de cette maladie et d’en connaître les symptômes pour agir sans attendre.

Sommaire

Le diabète : un défaut d’assimilation des sucres

Le diabète apparaît lorsque le corps devient incapable de réguler la glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang. La personne souffre alors d’hyperglycémie : le glucose est présent en quantité excessive dans son organisme. Si deux dosages consécutifs indiquent une glycémie à jeun égale ou supérieure à 1,26 g par litre de sang, alors le diagnostic de diabète est confirmé.

Une glycémie stable grâce aux hormones

L’insuline est l’hormone qui permet d’équilibrer la glycémie à 1 g par litre, valeur considérée comme normale. Fabriquée par le pancréas, elle est constamment présente dans le sang. Elle agit lorsque le taux de sucre sanguin s’élève suite à la prise d’un repas ou d’une collation. Son rôle est d’aider les cellules à absorber le glucose pour qu’elles le convertissent en énergie ou qu’elles le stockent.

A contrario, si la glycémie ou l’énergie chute, c’est le glucagon qui entre en jeu. Grâce à cette hormone, l’organisme peut puiser dans ses réserves le glucose dont il a besoin et restaurer l’équilibre glycémique. Ces hormones sont donc essentielles pour maintenir une glycémie normale et une énergie constante tout au long de la journée.

C’est lorsqu’elles ne peuvent plus jouer leur rôle que le diabète apparaît. Sa forme, diabète de type 1 ou de type 2, diffère selon l’origine de l’excès de glucose dans le sang (hyperglycémie).

Diabète : une maladie, deux formes

Le diabète de type 1 : une maladie congénitale très peu répandue

Ce type de diabète concerne 6 % des malades, en général des personnes jeunes (enfants, adolescents, jeunes adultes). Il s’agit d’une maladie auto-immune car c’est le système immunitaire qui détruit les cellules du pancréas fabriquant l’insuline. Pour une raison inconnue, il les considère subitement comme un corps étranger qui doit être éliminé pour protéger l’organisme.

Lorsque le pancréas ne peut plus fournir l’insuline nécessaire à l’absorption du glucose par l’organisme, la maladie se déclare. N’étant ni utilisé ni stocké par les cellules, le sucre reste dans le sang et l’hyperglycémie ne peut être régulée.

Le diabète de type 2 : un trouble en expansion lié surtout au mode de vie

C’est la forme la plus répandue de diabète puisque 92 % des malades en souffrent. Il apparaît surtout chez les plus de 20 ans mais peut aussi se manifester chez les adolescents en surpoids.

Ce type de diabète qui évolue sur plusieurs années est souvent décelé très tardivement. Ainsi, le diagnostic intervient en moyenne 5 à 10 ans après les premières hyperglycémies.

Deux dysfonctionnements peuvent en expliquer l’origine : une sécrétion d’insuline insuffisante ou une baisse de la sensibilité des cellules à cette hormone. Dans les deux cas, le sucre n’est plus correctement absorbé par les cellules. La présence constante de glucose dans le sang déclenche alors une augmentation de la production d’insuline par le pancréas. Après quelques années, le pancréas s’épuise et perd sa capacité à fabriquer cette hormone régulatrice.

Bon à savoir
Le diabète de type 2 est notamment lié au surpoids provoqué par une alimentation déséquilibrée et riche en sucres ajoutés. Être sédentaire, avoir une prédisposition génétique ou plus de 45 ans sont des facteurs de risque supplémentaires pour cette maladie en pleine expansion.
En France, en 2012, 4,6 % de la population suivaient un traitement contre cette maladie. En 2020, cette proportion était estimée à 5,3 %[1].

Les signes à surveiller

Les symptômes du diabète sont similaires quelle que soit l’origine de la maladie. En connaître les signes permet de consulter dès les premières alertes.

Un besoin d’uriner très fréquent et une soif accrue

Lorsque le glucose n’est pas absorbé par les cellules, il doit être évacué par les reins. La personne non traitée pour cette maladie aura donc envie d’uriner plus souvent. Pour compenser la perte de liquide, le corps réclame plus d’eau ce qui intensifie la sensation de soif.

Une perte de poids rapide associée à une faim constante

Le glucose ne pouvant plus pénétrer dans les cellules, celles-ci sont en constante demande d’énergie. Le cerveau traduit ce besoin par une sensation de faim permanente qui pousse la personne à manger plus. Le glucose contenu dans les aliments ne pénétrant plus dans les cellules, celles-ci doivent puiser leur énergie dans les graisses. Alors même que la personne mange plus, son poids chute.

Une fatigue inexpliquée

Le glucose, principal carburant de l’organisme, n’est plus assimilé correctement par les cellules. Ces dernières étant mal nourries, la personne ressent une fatigue intense, aussi bien physique que mentale.

Des troubles de la vision

La présence de glucose dans le sang en quantités importantes abiment les vaisseaux sanguins des yeux. La vue devient floue et continue à se détériorer tant qu’aucune mesure ne vient corriger l’hyperglycémie. Si le diagnostic du diabète n’est pas effectué, la baisse de la vision peut conduire à une cécité.

En cas de diabète de type 2, d’autres symptômes peuvent apparaître

L’hyperglycémie finit par dérégler les glandes produisant la sueur et le sébum générant l’assèchement de la peau et donc de fortes démangeaisons. Elle ralentit aussi la circulation sanguine ce qui rend la cicatrisation plus difficile. En effet, c’est l’afflux de sang dans les plaies qui apporte les nutriments nécessaires à la réparation des tissus.

Bon à savoir
Les signes de la maladie apparaissent brutalement en cas de diabète de type 1 (quelques semaines au plus après l’apparition de l’hyperglycémie chronique). En revanche, ils peuvent mettre des années à se manifester s’il s’agit d’un diabète de type 2. L’absence de symptômes rend le diagnostic de cette forme de diabète difficile. Il n’intervient le plus souvent que très tardivement quand la glycémie est déjà très importante et que des complications surviennent.

La glycémie : un marqueur pour dépister le diabète

Le diabète est décelé par une analyse sanguine permettant d’évaluer le taux de glucose dans le sang. Mesurer régulièrement sa glycémie à jeun permet de détecter rapidement une anomalie et de traiter au plus vite la maladie.

Une glycémie à jeun inférieure à 1,10 gramme par litre de sang indique qu’il n’y a pas de diabète. Il est recommandé d’effectuer un nouveau dosage un à trois ans après.
Si elle est comprise entre 1,10 gramme et 1,26 gramme par litre de sang, il y a suspicion de diabète. L’analyse doit, dans ce cas, être renouvelée 12 mois plus tard.
Une glycémie supérieure à 1,26 gramme par litre de sang indique un diabète. Le diagnostic est à confirmer en réalisant une seconde prise de sang dans les jours suivants.

Si le diabète est avéré, le médecin prescrit des analyses complémentaires. La prise en charge du diabète associe hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique…) et traitement médicamenteux. Ces mesures préviennent les complications de cette maladie et réduisent le risque de dépendance voire de décès du patient.

Diabète de type 2 : êtes-vous un sujet à risque ?
Pour répondre à cette question, réalisez le test proposé par la Fédération française des diabétiques. En 8 questions et 3 minutes, vous aurez une première évaluation de vos risques. Si le score obtenu le nécessite, parlez-en à votre médecin traitant pour qu’il réalise un bilan complet.

Cet article en synthèse
– En France, 4 millions de personnes souffrent de diabète et ce chiffre est en constante progression.
– Le diabète correspond à un défaut d’assimilation du sucre par l’organisme. L’insuline n’arrivant plus à faciliter l’absorption du glucose par les cellules, celui-ci reste dans le sang, provoquant une hyperglycémie chronique.
– Des analyses sanguines régulières aident à diagnostiquer cette maladie dont les symptômes (soif constante, fatigue, amaigrissement…) se manifestent souvent tardivement.

[1] Source : Santé Publique France