Comment préserver sa santé quand on est aidant ?

Dans cet article

  • Les aidants négligent leur santé parce qu’ils donnent la priorité à leur proche. Mais prendre soin de soi permet de mieux prendre soin de l’autre.
  • Une bonne hygiène de vie (nutrition, sommeil, sport) et des moments de pause sont indispensables à la bonne santé des aidants.
  • Parler de sa situation avec des professionnels ou d’autres aidants apporte un soutien bénéfique.

Consacrer toute son énergie pour accompagner un proche malade ou handicapé, tel est le quotidien de la plupart des aidants. Une attention entièrement reportée sur autrui bien souvent au détriment de leur propre santé. Pourtant c’est en prenant soin de soi que l’on peut mieux prendre soin de l’autre.

Stress, repas déséquilibrés, épuisement… Les aidants sont soumis à des risques accrus.
Il est malheureusement facile de s'oublier lorsqu'on prend soin d’un proche. On s'inquiète beaucoup pour la santé de l'autre sans penser que l’on doit aussi faire attention à la sienne. L’insomnie, la nervosité, la fatigue, les maux de tête, la perte de poids font partie des signes qui doivent alerter sur l’état de santé de la personne qui accompagne un proche dépendant. Il faut donc être vigilant et suivre quelques conseils qui peuvent sembler évidents mais qui ont toute leur importance.

Parler de sa situation pour trouver du soutien

Le médecin traitant est un bon interlocuteur lorsqu’un aidant souhaite parler de sa situation. Il pourra lui proposer un bilan de santé global, installer un suivi régulier si nécessaire mais aussi lui donner des conseils pour l’aider dans l’accompagnement du proche dépendant.

L’aidant peut aussi trouver de l’écoute auprès des professionnels qui interviennent quotidiennement ou ponctuellement dans la prise en charge de la personne aidée. Il ne faut pas hésiter par exemple à discuter avec les équipes de l’accueil de jour ou de l’hébergement temporaire sur les difficultés rencontrées.

Parler avec des personnes confrontées à une situation similaire constitue également un soutien appréciable. Des espaces d’échanges ou des formations destinés aux aidants existent partout en France. Discuter avec d’autres personnes confrontées à la perte d’autonomie d’un proche permet de partager des expériences communes, de ne pas rester seul face à ses interrogations et parfois de trouver des réponses pratiques à ses problèmes.

59% d'aidant se sentant seul

59 %
se sentent seuls depuis qu'ils sont aidants

70% ne prennent pas le temps de s'accorder des loisirs

70 %
ne s'accordent pas de temps de loisirs

50% ne parlent pas de leurs difficultés

50 %
ne parlent pas des difficultés liées à leur rôle d'aidant

Source : Association Française des Aidants, enquête sur la santé des aidants 2015

Préserver une bonne hygiène de vie

AlimentationIl est important de bien manger car une mauvaise alimentation peut entraîner une plus grande fragilité : faiblesse musculaire, perte de poids, anémie, baisse des défenses immunitaires, etc. L’investissement est tel que l’aidant oublie souvent de manger.
Pourtant il est indispensable d’avoir une régularité à table. Prendre un repas matin, midi et soir permet de donner un rythme au corps qui, soumis au stress et à la fatigue, peut être gagné par une forme de lassitude.
L’aidant doit rester attentif à ses sensations de faim et de satiété et adapter son alimentation à ses besoins énergétiques. Une bonne hydratation est aussi essentielle. Les aidants témoignent souvent du manque de temps et d’une attention accrue au moment du repas de leur proche. Pourtant, s’imposer une « pause repas » est fondamental pour préserver sa santé. Les repas de l’aidant sont aussi importants que ceux de la personne aidée. Si ce temps est de plus en plus difficile à dégager, c’est qu’il est peut-être nécessaire de revoir l’organisation de la prise en charge du proche dépendant. Lorsque l’aide des autres membres de la famille n’est pas possible ou insuffisante, il faut alors se tourner vers des professionnels qui apporteront un soutien quotidien, notamment au moment des repas.

SommeilOutre l’alimentation, le sommeil revêt une place capitale dans la santé des aidants car il est souvent mis à rude épreuve. Se coucher tard et/ou se lever tôt pour fournir une attention permanente à la personne aidée, avoir un sommeil agité si la vigilance demeure durant la nuit…
Ces situations peuvent impacter fortement le bien-être des aidants. Ces derniers minimisent souvent l’importance des troubles du sommeil. L’influence sur la santé est bien réelle pourtant. Les risques d’accident ou l’augmentation du stress font ainsi partie des conséquences possibles. Certaines solutions existent pour préserver le sommeil : faire lit ou chambre à part, utiliser un appareil pour entendre le proche à distance, dormir dans le même lit mais sur deux matelas différents... Il est aussi possible de faire appel à des solutions de répit, tels que la garde itinérante de nuit ou l’hébergement temporaire.
Prendre un moment pour soi dans la journée et avant de se coucher est essentiel pour l’aidant afin de réduire stress et anxiété. Par exemple, il pourra se réserver des temps quotidiens pour prendre l’air, faire de l’exercice, lire…

SportLa pratique d’une activité physique a également toute son importance. L’aidant accède ainsi à un moment de répit mais aussi de détente et de bien-être. De plus, le sport contribue à la prévention de certaines maladies ou en diminue les effets.
Il permet de lutter contre la sédentarité, d’améliorer le moral, de mieux gérer le diabète ou le poids tout comme l’hypertension artérielle ; il diminue le risque de développer du cholestérol, certains cancers ou des problèmes cardio-respiratoires sans parler de la réduction des effets néfastes du stress. Pour reprendre une activité physique dans les meilleures conditions, il est conseillé de choisir une activité dans laquelle l’aidant prendra du plaisir, de reprendre ou commencer progressivement pour ne pas risquer une blessure et pourquoi pas de partager ce moment avec des amis. Il est recommandé aussi de planifier ces activités à l’avance. Si le proche ne peut pas rester seul, solliciter l’aide d’une personne de confiance permettra à l’aidant d’avoir l’esprit plus libre. Ces moments de respiration peuvent également être prévus lorsque la personne dépendante est en accueil de jour ou en hébergement temporaire.

Prendre du temps pour soi

Accompagner un proche au quotidien peut amener l’aidant à endosser une telle responsabilité qu’elle le conduit parfois à mettre sa propre vie entre parenthèses. Être aidant peut alors devenir une véritable souffrance physique et psychologique. Prendre du temps pour soi, sortir, voir des amis contribue à rester en forme et à atténuer les effets du stress et de la fatigue.

Il est important de ne pas résumer son existence au seul rôle d’aidant. La vie familiale, amicale et professionnelle sont des facteurs d’équilibre et de bien-être qui permettent de ne pas se sentir réduit à cette mission. Les concilier peut aider à se sentir mieux dans sa peau, ce qui a aussi des effets bénéfiques sur la relation que l’aidant entretient avec la personne aidée.

Dégager du temps pour soi n’est pas chose simple lorsqu’on accompagne un proche au quotidien. Avant tout, il est indispensable que la personne dépendante soit correctement accompagnée par des professionnels et qu’elle dispose des aides dont elle a besoin. Car si ces conditions ne sont pas réunies, l’inquiétude de l’aidant sera trop présente. Des solutions existent pour que l’aidant puisse bénéficier de temps pour lui. L’accueil de jour ou l’hébergement temporaire apportent une réponse car ils offrent la possibilité à l’aidant de prendre du temps pour lui et à la personne accompagnée de profiter d’un accompagnement adapté. Pour les aidants actifs, il existe également des dispositifs comme le congé de proche aidant qui donne la possibilité d’interrompre son activité professionnelle.

48 % des aidants ont des problèmes de santé

48 %
des aidants ont des problèmes
de santé qu'ils n'avaient pas
avant d'être aidant

61 % ont des problèmes de sommeil

61 %
ont des problèmes
de sommeil
depuis qu'ils sont aidants

Source : Association Française des Aidants, enquête sur la santé des aidants 2015

 

Partagez cet article