Quelles sont les mesures mises en place en Ehpad face aux épidémies ?

Les épidémies, qu’il s’agisse de grippe, de gastroentérite ou, encore, de virus coronariens (Sras, Covid-19…), touchent particulièrement les personnes âgées fragilisées. Dans ce contexte, le ministère de la Santé peut être amené à activer le « plan bleu » qui permet de limiter la propagation de l’épidémie dans les Ehpad. Le dispositif permet, en autre, de réquisitionner du personnel en renfort et prévoit également des mesures de restriction des visites extérieures aux résidents.

Qu’est-ce que le « plan bleu » ?

Le « plan bleu » a été créé spécialement pour les Ehpad suite à la canicule de 2003. Il vise à protéger les personnes âgées fragiles face à une crise comme celle du Covid-19 en ce début d’année 2020. Le « plan bleu » prévoit le confinement des résidents, usagers et personnels, mais aussi leur évacuation en cas de nécessité, ainsi que l'accueil de personnes venant d'autres établissements. Il est déclenché par le directeur d’établissement en lien avec les Agences Régionales de Santé (ARS).

Déploiement d’une cellule de crise

Chaque établissement met en place une cellule de crise constituée d’un soignant référent, souvent le médecin coordinateur, d’aides-soignants et d’infirmiers qui ont un rôle de relais. Ensemble ils évaluent la situation en continu, recensent les moyens à disposition, estiment les besoins, gèrent les stocks et identifient les actions à mettre en œuvre. C’est aussi elle qui décide d’accorder des laissez-passer aux professionnels de santé extérieurs pour les soins importants comme, par exemple, la kinésithérapie respiratoire. La cellule de crise prévoit et organise également le remplacement rapide des personnels touchés par l’épidémie. Enfin, elle met en place une coopération avec un établissement de santé proche pour assurer, en cas de besoin, le suivi des malades.

Consignes, procédures et autres mesures…

Le « plan bleu » implique beaucoup de communication, mais aussi une autorité sans faille. Il établit des consignes de circulation au sein de l’établissement, des procédures de renforcement des personnels et des mesures de fonctionnement en mode dégradé. Par exemple : la mise en place de SAS de décontamination à l’entrée des chambres, le maintien de leurs portes fermées, la mise à disposition de masques, gants, solutions hydroalcooliques et poubelles pour les personnels qui se trouvent au contact des résidents. Autres mesures spécifiques : le nettoyage et la désinfection renforcés des chambres ainsi que des draps contaminés.

L’interdiction des visites des proches

C’est la mesure la plus pénalisante pour les résidents et leurs proches mais, dans certains contextes, elle peut s’avérer indispensable. L’interdiction des visites est souvent difficile à vivre par les personnes âgées en situation de dépendance. Le sentiment d’isolement et de désorientation agit fortement, et négativement, sur leur état général. Notons que l’interdiction de visite peut être exceptionnellement et individuellement levée par le directeur de l’établissement, notamment en cas de dépression grave du résident ou, encore, de fin de vie de celui-ci.

Des moyens pour rester en contact

Pour atténuer la solitude des résidents, des moyens de vidéo communication peuvent être utilisés à partir de téléphones et de tablettes équipés (Skype, FaceTime, WhatsApp, Messenger…). Ils permettent aux résidents d’échanger avec leurs proches tout en les voyant. De même, certains établissements disposent d’une application en ligne où il est possible de suivre la vie de la résidence. D’autres sont présents sur les réseaux sociaux, ou ont mis en place une gazette avec des reportages photos permettant de tenir informées les familles. Dans tous les cas, il est important que ces dernières puissent appeler la maison de retraite afin d’obtenir des informations.

 

Cet article en synthèse

  • Le « plan bleu » est un dispositif qui vise à protéger les résidents des Ehpad en cas d’épidémie.
  • Une cellule de crise décide des mesures organisationnelles les plus appropriées pour assurer la sécurité des résidents, mais aussi des personnels.
  • En cas d’interdiction de visites provenant de l’extérieur, il est important de mettre en place des moyens de communication de substitution.

Partagez cet article