Quels sont les facteurs de risque de l’AVC ?

Trois lettres peuvent marquer à jamais une vie... L’AVC (accident vasculaire cérébral) est une maladie dont les conséquences sont dramatiques puisqu’une victime sur trois devient dépendante après. Mieux connaître les facteurs de risque peut être un moyen de se prémunir contre cette pathologie.

L'AVC est une maladie neurologique qui, comme l'infarctus du myocarde, est d’origine vasculaire. Pour autant, cet accident ne doit pas être considéré comme une fatalité car il a des explications et des facteurs de risque contre lesquels il est possible de lutter.

Des risques identifiés

Un accident vasculaire cérébral survient lorsque le flux sanguin rencontre un obstacle qui bloque son passage vers les différentes parties du cerveau. Ces dernières sont alors privées de leur apport vital en oxygène. Les effets dévastateurs d'un AVC sont souvent permanents car les cellules cérébrales mortes ne sont pas remplacées.

Les facteurs de risque des AVC, qu’ils soient hémorragiques (rupture d’un vaisseau cérébral) ou ischémiques (obstruction d’un vaisseau cérébral) sont désormais bien connus(1).

L’hypertension artérielle (HTA)
Son implication est particulièrement forte pour les AVC hémorragiques (44,5 %). C’est également le premier facteur de risque des AVC ischémiques (31,5 %). Une HTA multiplie le risque d’AVC par 9 avant 45 ans et par 4 chez les plus de 45 ans.

Le tabagisme
Plus le nombre de cigarettes consommées par jour augmente, plus le risque s’accroit. C’est encore plus vrai pour les AVC ischémiques (21,4 %) qu’hémorragiques (9,5 %). Globalement, le tabagisme multiplie par 2 le risque d’AVC.

L’obésité abdominale
Elle est évaluée par le rapport tour de taille/tour de hanche. Elle contribue à hauteur de 26 % au risque. En revanche, il n’a pas été trouvé de lien entre l’IMC (poids/taille au carré), indicateur global de surpoids ou d’obésité, et le risque d’AVC.

Le type d’alimentation et l’activité physique
Ils modulent le risque d’AVC à la fois ischémiques et hémorragiques. L’augmentation de la consommation de fruits et de poisson a pour conséquence une réduction du risque d’AVC. Quant à l’activité physique régulière, elle diminue d’un tiers le risque d’AVC. Le diabète ne semble contribuer qu’au risque d’AVC ischémique.

La consommation d’alcool
Elle accroît le risque en termes d’AVC hémorragique (14,6 %), quel que soit le niveau de consommation. Boire moins de 30 verres d’alcool par mois réduit le risque d’AVC ischémique alors qu’au-delà le risque ischémique est majoré.

Le stress et la dépression
Ils sont aussi identifiés comme des facteurs de risque.

La fibrillation atriale (FA)
Cette maladie se manifeste par un trouble du rythme cardiaque, responsable de battements de cœur très rapides et irréguliers. Elle constitue le premier facteur de risque d’origine cardiaque.

Se protéger grâce à la prévention

Tout le monde est concerné par ces facteurs de risque. La prévention peut permettre de se prémunir contre cette redoutable maladie qu’est l’AVC.

La lutte contre l’obésité de l’enfant prévient le diabète et les pathologies cardio-neuro-vasculaires du futur adulte. Le risque des fumeurs peut être diminué et rejoindre celui des non fumeurs, 2 à 5 ans après l’arrêt de leur consommation de tabac. Pratiquer une activité physique régulière diminue aussi d’un tiers le risque d’AVC.

L’hypertension constitue un facteur de risque majeur pour le cœur et le cerveau, les vaisseaux sanguins subissant en permanence une pression élevée. Le traitement de l’hypertension associe la mise en place de règles d’hygiène de vie (manger moins salé, maigrir s’il y a surpoids, pratiquer une activité physique, arrêter de fumer…) et un traitement médicamenteux. S’il peut être perçu comme contraignant, le traitement de l’HTA doit surtout être envisagé comme un moyen de vivre plus longtemps et de se protéger de conséquences graves.

En France, l'AVC est la première cause de handicap physique acquis de l'adulte. Les AVC entraînent de lourdes séquelles, l'accident pouvant toucher des grandes fonctions neurologiques : motricité, langage, vision, etc. La prise en charge en urgence de l'AVC par une équipe spécialisée permet toutefois de réduire ses conséquences.

(1) Sources : étude Interstroke 2007-2010, Lancet 2010

Cet article en synthèse

  • L’AVC n’est pas une fatalité. Ses facteurs de risque sont bien identifiés.
  • L’hypertension artérielle constitue un facteur de risque majeur.
  • Tabac, alcool, sédentarité, stress, mauvaise alimentation jouent aussi un rôle néfaste.

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