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Deuxième pathologie neurologique en France après la maladie d’Alzheimer, l’épilepsie est plus fréquente chez les enfants et les seniors. Sur environ 500 000 cas recensés, 100 000 sont des personnes âgées dont la dépendance est accrue du fait de la maladie. Les deux pathologies sont d’ailleurs liées puisque les personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer présentent plus de risques de faire des crises d’épilepsie.
Un véritable « court-circuit » entre les neurones
La crise d’épilepsie se caractérise par des décharges brusques et excessives d’influx nerveux dans le cerveau, véritables « éclairs » parcourant de nombreux neurones.
Selon qu’elle est partielle, ou généralisée, la crise va se manifester de différentes manières. La plus connue, et spectaculaire, est la perte de connaissance accompagnée de secousses rythmiques de tout le corps. Elle peut aussi se révéler, plus simplement, sous forme « d’absences » durant lesquelles la personne semble coupée du monde pendant quelques secondes avec, éventuellement, quelques contractions musculaires involontaires, localisées.
Parmi les symptômes, les hallucinations sensorielles, auditives et/ou visuelles sont également fréquentes.
Différentes causes à l’origine de l’épilepsie
On distingue trois types d’épilepsies en fonction de leur origine : les épilepsies symptomatiques sont dues à une lésion cérébrale : malformation congénitale, encéphalite, séquelles d’une souffrance à la naissance, traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral, tumeur, maladies neurologiques évolutives, anomalies des chromosomes, malformations cérébrales…
Les épilepsies idiopathiques qui présentent un caractère génétique plus ou moins démontrable et concernent des sujets le plus souvent sans lésion cérébrale et, enfin, les épilepsies cryptogéniques pour lesquelles une cause est suspectée, mais ne peut être prouvée par les moyens actuels de diagnostic.
Dans tous les cas, la fréquence de la maladie suit une courbe en U, avec des pourcentages importants d’épilepsies qui débutent dans l’enfance, une moindre fréquence à l’âge adulte et une recrudescence importante chez les plus de 60 ans et qui s’accentue encore après 80 ans.
Un lien établi avec la maladie d’Alzheimer
Dans les épilepsies symptomatiques, le lien avec les maladies neurologiques évolutives ne fait aucun doute, même s’il est encore mal compris. En ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, ce sur-risque semblé lié aux lésions cérébrales de la maladie, notamment l’accumulation de protéines amyloïde et tau, la perte synaptique et les modifications des réseaux neuronaux.
Les crises restent toutefois relativement peu fréquentes mais le risque augmente avec la durée d’évolution de la maladie et paraît plus important dans les formes précoces, notamment avant 65 ans.
Cependant, après une première crise chez une personne vivant avec une maladie d’Alzheimer, le risque de récidive semble élevé.
Il faut cependant éviter d’attribuer automatiquement une crise à la maladie d’Alzheimer. Cette dernière peut révéler ou accompagner une autre cause : AVC, hématome sous-dural, infection, trouble métabolique, effet médicamenteux ou autre pathologie neurologique.
Devant des épisodes de perte de contact, confusion brutale et répétée, secousses, absences ou chutes inexpliquées, un bilan spécialisé est indiqué.
Une maladie invalidante
En raison de ses symptômes, l’épilepsie est une maladie qui a des conséquences négatives sur la qualité de vie des patients. Lors des crises, le risque d’accident induit est important : chute, électrocution, noyade… Enfin, lorsqu’elles sont longues ou très rapprochées, les crises d’épilepsies peuvent provoquer des lésions neurologiques irrémédiables et mettre en jeu le pronostic vital.
Sources : Fondation française pour la recherche sur l’épilepsie / Article de mars 2016 d’Olivier de Ladoucette, psychiatre et gérontologue.