La colère nuit à la santé des seniors

La colère n’est pas bonne conseillère. Lorsque nous nous mettons en colère, c’est rarement pour améliorer une situation. Pire, elle peut affecter notre santé, les émotions provoquant une élévation du taux de cortisol, l’hormone du stress. C’est encore plus vrai si vous êtes une personne âgée : selon une étude canadienne, la colère chez les seniors est associée à une mauvaise santé.

Ces émotions qui affectent notre organisme

Il a été scientifiquement prouvé que les émotions positives, comme la gratitude, ont des effets bénéfiques sur la santé. À l’inverse, les émotions négatives peuvent, quant à elles, avoir des effets nocifs, et particulièrement chez les personnes âgées. Tels sont les résultats de l’étude de l’université Concordia de Montréal(1) publiée en 2019. Ils démontrent que les seniors qui se mettent souvent en colère souffrent davantage de maladies chroniques que ceux qui conservent leur bonne humeur, surtout s’ils sont âgés de plus de 80 ans. Les chercheurs ont pu constater que des niveaux élevés de colère étaient associés à l’inflammation et à la mauvaise santé chez les participants les plus âgés (80 ans et plus), mais pas chez les participants plus jeunes (59-79 ans).

Des réactions biochimiques en chaîne

Être en colère provoque en effet une série de réactions biochimiques. La libération soudaine de substances – comme le cortisol, lié au stress, augmenterait le rythme cardiaque et la tension artérielle des personnes âgées. Selon l’étude canadienne, ce phénomène s’expliquerait par une diminution de l’activité physique, de nombreuses personnes âgées bougeant moins et ne pouvant plus faire ce qu’elles faisaient avant. Au-delà, la colère chronique pourrait aussi augmenter le risque de démence. Des seniors présentant un degré important d’humeur ombrageuse se révèlent avoir un risque 2,5 fois plus élevé de développer ce type de pathologie par rapport à ceux dont le degré est moins élevé. Les émotions négatives seraient donc des facteurs de mauvaise santé. Mais l’étude ne nous dit pas si la colère cause l’inflammation et la maladie, ou si ce sont les problèmes de santé qui rendent agressifs.

 

La gestion des émotions tout au long de sa vie

Par ailleurs, ces résultats dressent un tableau négatif des émotions et de leurs effets à un âge avancé. Pourtant, lorsqu’on suit des personnes sur une période de 10 ans, les expériences émotionnelles positives augmentent avec l’âge, culminent à 64 ans et ne reviennent jamais aux niveaux observés chez le jeune adulte. C’est donc moins l’émotion que la façon dont on parvient à la réguler qui est intéressante. Car, si les personnes âgées sont plus heureuses, c’est qu’elles ont acquis avec l’âge des capacités de gestion émotionnelle. En vieillissant, nous sommes plus à même d’éviter ou de réduire l’exposition à des situations négatives et au stress. Nous pouvons aussi mieux maîtriser notre réaction émotionnelle aux événements extérieurs. Par exemple, la cohérence cardiaque est une méthode simple pour affronter de fortes émotions. Même si dans le cas d’émotions négatives soutenues, les personnes âgées apparaissent souvent plus vulnérables, mettant plus de temps à surmonter la réaction physiologique. Les émotions sont le reflet de la vie. Encore faut-il avoir appris à les maîtriser…

 

(1) 226 adultes âgés de 59 à 93 ans ont participé à l’étude. Les chercheurs ont prélevé des échantillons de sang pour évaluer les niveaux d’inflammation chronique de faible intensité et ont demandé aux participants de leur signaler toute maladie chronique liée à l’âge, comme les maladies cardiovasculaires, l’arthrite et le diabète. Les participants ont également rempli un court questionnaire sur les niveaux de colère ou de tristesse qu’ils ont éprouvées au cours de trois journées types sur une période d’une semaine.

Cet article en synthèse

  • Selon l’étude de l’université Concordia de Montréal publiée en 2019, les seniors qui se mettent souvent en colère souffrent davantage de maladies chroniques que ceux qui conservent leur bonne humeur.
  • Être en colère provoque une série de réactions biochimiques avec la libération soudaine de substances qui augmenterait le rythme cardiaque et la tension artérielle des personnes âgées.
  • Néanmoins, les expériences émotionnelles positives augmentent avec l’âge : si les personnes âgées sont plus heureuses que les jeunes adultes, c’est qu’elles ont acquis des capacités de régulation émotionnelle liées à l’âge.

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