La perte de l’odorat annonce-t-elle la fin de la vie ?

La baisse de l’odorat chez les seniors est un véritable problème de santé et de sécurité. Il survient en général à partir de 65 ans et l’impact est autant physique que psychologique. Que signifie ce mal et est-il possible de s’en prémunir ?

La baisse d’odorat peut paraître banale au premier abord. Pourtant, ce n’est pas un léger rhume passager qui affecte temporairement ce sens…

Quelles sont les conséquences de la baisse de l’odorat ?

  • La baisse de l’odorat vous prive de certains plaisirs quotidiens. Vous ne pouvez plus, par exemple, profiter des effluves de la nature après la pluie, de l’odeur d’un bœuf bourguignon qui mijote, du parfum des fleurs de votre jardin, etc. Plus encore, lorsque votre mémoire olfactive n’est plus sollicitée, vous ne pouvez plus revivre et partager certains souvenirs avec vos proches.
  • Sentir moins bien les odeurs ou ne plus les sentir du tout (anosmie) entraîne aussi une diminution de l’appétit et une malnutrition. Souvent accompagnée d’une baisse ou d’une perte du goût, la perte de l’odorat peut donc engendrer une perte de poids significative.
  • Si vous vivez seul, vous pouvez être confronté à des risques importants en ne percevant pas les odeurs vous alertant d’un danger (gaz qui s’échappe, début d’incendie, aliments avariés…).
  • Enfin, la diminution de l’olfaction annoncerait aussi... la mort. Une étude publiée en avril 2019(1) fait en effet le lien entre la baisse de l’odorat et l’apparition de certaines pathologies telles qu’une baisse des capacités cognitives, une insuffisance rénale, la maladie de Parkinson, d’Alzheimer ou encore l’épilepsie. Ces pathologies prendraient naissance dans la zone du cerveau liée à l’odorat, le bulbe olfactif, situé juste au-dessus des fosses nasales. C’est pourquoi aujourd’hui, lors des examens médicaux, des tests olfactifs sont particulièrement recommandés pour affiner un diagnostic.

Peut-on soigner la perte de l’odorat ?

Lorsque la perte de l’odorat est liée à une inflammation du nez ou des sinus, la corticothérapie par voie générale, à doses fortes mais brèves, s’avère souvent efficace. C’est d’ailleurs le premier traitement prescrit dans tous types d'anosmie. Ni les antibiotiques, ni les anti-allergiques et encore moins les vitamines n’ont fait preuve de leur efficacité en ce domaine. Notez que les anosmies les plus fréquentes sont virales ou traumatiques. Une grippe sévère, un traumatisme crânien même léger, peuvent provoquer la perte totale de l’odorat. Dans ces cas-là, aucun traitement ne semble efficace. L’odorat revient parfois spontanément après quelques mois.

Est-il possible de compenser la perte de l’odorat ?

Si vous souffrez d’une baisse de l’odorat, vous pouvez y remédier en partie grâce à la mise en place de mesures spécifiques. Par exemple :

  • sécurisez votre domicile en installant des détecteurs d’incendie et de gaz ;
  • préparez des plats particulièrement parfumés en utilisant des épices afin d’accentuer leur goût ;
  • renforcez l’attrait visuel des plats grâce à des couleurs vives et variées. Cela peut contribuer à votre mieux-être ;
  • stimulez au quotidien votre odorat en humant des odeurs puissantes : café moulu, menthe, fleurs, parfums, épices, fromage, shampooing, etc. Il semblerait en effet que la stimulation olfactive pratiquée sans modération apporte de bons résultats.

(1) Annals of Internal Medicine.

Cet article en synthèse

  • La perte de l’odorat chez les personnes âgées n’est pas à prendre à la légère : elle entraîne une baisse des plaisirs quotidiens.
  • Dans certains cas, il est possible de soigner la perte de l’odorat par un traitement à base de cortisone. L’odorat peut aussi revenir au bout d’un certain temps.
  • Pour compenser les impacts de sa perte, il est recommandé d’équiper sa maison pour assurer sa sécurité et stimuler son odorat en humant des odeurs puissantes (café moulu, fleurs…).

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