La polyarthrite rhumatoïde, mais qu’est-ce que c’est ?

La polyarthrite rhumatoïde est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Cette maladie, qui touche donc les articulations, entraine souvent des répercussions fonctionnelles, psychologiques, sociales et professionnelles. Elle se déclare à partir de 40 ans et concerne plus de 300 000 personnes en France.

Un nom qui parle de lui-même !

Dans polyarthrite rhumatoïde, on peut isoler le mot « arthrite » qui désigne l’inflammation d’une articulation, et le préfixe « poly » qui signifie qu’il y a plusieurs articulations concernées ! Le terme « rhumatoïde », quant à lui, fait référence au fait que, dans le sang des patients, il est possible d'isoler des substances dites « facteurs rhumatoïdes ». Il s’agit en fait d’anticorps qui attaquent d'autres anticorps. Les facteurs rhumatoïdes sont caractéristiques des maladies auto-immunes.

Une réaction en chaîne

La polyarthrite rhumatoïde affecte tous les éléments d’une articulation. La plupart du temps, elle apparaît au niveau des poignets et des articulations des mains et des pieds, plus rarement au niveau des genoux et des coudes. Elle se caractérise par une destruction progressive du cartilage et des os, à la différence de l’arthrose où seul le cartilage est touché. L’inflammation est due à une surproduction de liquide synovial, elle-même provoquée par la réaction auto-immune. En s’accumulant, le liquide synovial entraîne une inflammation généralisée de l’articulation (capsule, tendons, etc.). Celle-ci devient de plus en plus raide, et se manifeste parfois par des déformations qui peuvent occasionner un handicap chez 20 à 25 % des patients.

Une aggravation progressive et généralisée

Lorsque l’on souffre de polyarthrite rhumatoïde, la maladie s’étend peu à peu à toutes les articulations sous forme de poussées successives, entrecoupées d’accalmies relatives. Cette extension de la maladie, et la destruction des articulations inhérente, se produit le plus souvent de façon symétrique, des deux côtés du corps.

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Les articulations concernées sont gonflées, douloureuses, rouges avec une sensation de chaleur. A l’instar de tous les rhumatismes inflammatoires, c’est surtout la nuit et au moment du réveil que les douleurs sont les plus intenses, accompagnées d’une raideur articulaire qui disparaît progressivement dans la matinée. Ces symptômes sont parfois accompagnés d’une légère fièvre, d’un sentiment de fatigue, d’une perte de poids et d’appétit, etc.

Certaines personnes plus exposées que d’autres

La polyarthrite rhumatoïde concerne trois fois plus les femmes que les hommes et les premières poussées ont lieu généralement entre 40 et 60 ans. Bien que l’origine de la maladie ne soit pas élucidée, plusieurs facteurs semblent impliqués dans son déclenchement :

  • Facteurs environnementaux : tabagisme, traumatismes ou chocs émotionnels,
  • facteurs infectieux : activation des défenses immunitaires suite à une infection (angine ou grippe, vaccination…),
  • facteurs hormonaux : modifications hormonales dues à la grossesse ou à la ménopause,
  • facteurs génétiques...

Une maladie qui peut en aggraver d’autres

La perte de mobilité induite par la maladie, ainsi que les douleurs quotidiennes, font de la polyarthrite rhumatoïde une maladie très invalidante. En plus de la diminution de la qualité de vie et même, parfois, de la perte de l’activité professionnelle, la polyarthrite rhumatoïde augmente le risque de développer une maladie cardiovasculaire : infarctus du myocarde, angine de poitrine, thrombophlébite, accident vasculaire cérébral, etc. Chez les femmes, elle représente un facteur de risque de développement d’une ostéoporose car la densité des os diminue chez les personnes qui souffrent d’inflammation chronique.

Les moyens pour détecter au plus vite la maladie

Comme pour la plupart des maladies auto-immunes, la polyarthrite rhumatoïde n’est diagnostiquée que lorsque la maladie est déjà déclarée, à partir des symptômes observés : articulations gonflées, chaudes, souvent douloureuses, etc. Dès lors, pour confirmer le diagnostic et éliminer d’autres maladies comme l’arthrite d’origine infectieuse, la spondylarthrite, la goutte, etc., votre médecin ordonnera des examens radiologiques des mains, des poignets et de toutes les articulations atteintes. D'autres examens, comme l’échographie ou l’IRM, peuvent permettre de détecter une inflammation de la membrane synoviale ou les premières érosions osseuses. Enfin, un bilan sanguin complétera le diagnostic par la recherche de marqueurs de l’inflammation, de facteur rhumatoïde, et d’autres anticorps indiquant une maladie auto-immune. À ce titre, des tests sanguins du même type peuvent aujourd'hui permettre d’identifier les personnes à risque avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie.

Sources : AFPric (Association Française des Polyarthritiques) et VIDAL France

Cet article en synthèse

  • La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune qui touche les articulations, principalement des membres supérieurs,
  • les articulations touchées sont raides, gonflées, et présente un risque de déformations,
  • la maladie, douloureuse et souvent invalidante, se déclare entre 40 et 60 ans et touche plus particulièrement les femmes.

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