Villes Aidantes : changer de regard sur la maladie d'Alzheimer

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L’association France Alzheimer et maladies apparentées a élaboré la charte Ville Aidante afin d’encourager les collectivités à mener des actions d’orientation, d’inclusivité et de sensibilisation auprès des personnes touchées par la maladie et leurs aidants. Geneviève Demoures, présidente de France Alzheimer Dordogne, et vice-présidente de l’Union Nationale, nous partage son regard sur cette initiative.

Quels constats ont mené à développer l’initiative des Villes Aidantes ?

Les personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer, ou une maladie apparentée, sont encore trop souvent réduites à leur statut de malade. Pourtant, il est essentiel qu’elles puissent continuer à vivre pleinement, maintenir leurs habitudes, leurs loisirs et leurs relations. Cela suppose des environnements attentifs, rassurants et sensibilisés.

La charte Ville Aidante vise ainsi à encourager une réflexion collective pour rendre les espaces publics plus accessibles et inclusifs. En y adhérant, les collectivités affirment leur volonté de faire de l’espace public un lieu ouvert à tous.

Il s’agit aussi d’une réflexion plus large : celle de prendre le sujet de la maladie d’Alzheimer, et d’autres maladies neuroévolutives, à la racine. Le Village Landais Alzheimer, où vivent 120 personnes touchées par la maladie, en est un bon exemple : l’objectif de l’établissement est d’offrir un quotidien aussi proche que possible de la vie normale, pour les personnes malades comme pour leurs aidants.

Comment une nouvelle « Ville Aidante » prend forme ?

Devenir Ville Aidante repose sur un engagement concret. Il ne s’agit pas seulement de signer une charte, mais de s’inscrire dans une démarche de solidarité. Le projet se construit dans le dialogue avec les élus, en expliquant la maladie et en proposant des actions adaptées. Une fois la charte signée, elle doit se traduire sur le terrain, avec des actions concrètes en matière de formation, de sensibilisation et d’accompagnement. Toute la chaîne locale est impliquée, avec un rôle essentiel des bénévoles, sans qui ces actions n’existeraient pas.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’actions ?

Les actions d’ores et déjà mises en place sont nombreuses : mise à disposition de locaux municipaux pour des actions de formation des aidants et différents ateliers pour les personnes malades, interventions auprès des aides à domicile, despoliciersmunicipaux, pour sensibiliser les personnels, réseaux de commerçants bienveillants en projet comme à Périgueux, dont l’objectif est d’accueillir avec attention, repérer les fragilités et orienter si nécessaire, grâce à des supports d’information adaptés et un travail de sensibilisation en profondeur.

D’autres visent à préserver la vie sociale et la confiance en soi, comme l’initiative Sans Fourchette, qui permet aux personnes malades de continuer à aller au restaurant en proposant des repas adaptés, avec le soutien de l’association Mémoire & Santé.

Nous développons également des solutions de mobilité pour lutter contre l’isolement et facilitons l’accès à la culture grâce à des visites à l’opéra en partenariat avec l’association Labopéra.

Beaucoup d’autres possibilités restent à imaginer, avec un objectif commun : permettre aux personnes malades de rester actrices de leur propre vie, de la vie sociale et encourager un regard plus inclusif malgré la fragilité.

Pour les adhérents et militants des sections Tutélaire, s’engager aux côtés des associations locales France Alzheimer, c’est participer à une action collective, structurée et porteuse de sens, qui contribue au mieux vivre ensemble.

Vous souhaitez en savoir plus sur l’initiative des Villes Aidantes, engager votre commune à soutenir ce projet ? Rapprochez-vous de l’association France Alzheimer la plus proche de chez vous. Rendez-vous sur francealzheimer.org.