AVC : réagir dès les premiers signes

En France, plus de 140 000 personnes sont victimes d’un AVC, soit une toutes les 4 minutes ! Or, une prise en charge dans les 3 heures réduit de 30 % la mortalité et diminue la gravité des séquelles. Agir vite est donc essentiel ! Comment reconnaître les signes d’un AVC ? Comment réagir ? Que faire en attendant les secours ? Explications.

Comment reconnaître un AVC ?

L’accident vasculaire-cérébral (AVC) résulte d’un arrêt soudain de la circulation sanguine qui prive le cerveau d’oxygène. Des symptômes neurologiques apparaissent alors de façon brutale, soudaine et inexpliquée.

Les signes qui doivent alerter immédiatement

  • Une déformation de la bouche
  • Une faiblesse ou un engourdissement d’un bras, d’une jambe ou d’un côté du visage
  • Des troubles de la parole : impossibilité de parler, difficultés pour s’exprimer ou pour comprendre

Mais aussi… des symptômes moins courants

• Des pertes d'équilibre, une chute soudaine, des vertiges, l’absence de coordination des mouvements
• Une altération de la sensibilité, du simple engourdissement à l’anesthésie, qui empêche de percevoir le contact, la chaleur et la douleur
• Des problèmes de vision : perte brutale ou altération de la vue (voir double ou ne plus voir que la moitié du champ visuel)
• De violents maux de tête, une raideur dans la nuque ou une migraine intense qui persiste, souvent signes d’une rupture d’anévrisme

Ou des troubles plus atypiques

Des nausées, un essoufflement, des douleurs à la poitrine ou au visage, une altération de l’état mental, etc.

⊃ Pensez-y !
Une personne marchant subitement de travers en ayant l’impression de se déplacer normalement est sans doute victime d’un AVC

L’accident ischémique transitoire (AIT), un mini-AVC à traiter en urgence

Si les symptômes disparaissent rapidement, sans laisser de séquelles, ne croyez pas qu’il s’agit d’un simple malaise. Vous avez été très probablement victime d’un accident ischémique transitoire (AIT).
Or, l’AIT multiplie par 50 la probabilité de faire ultérieurement un AVC[1] ! Et le danger, maximal dans les premières 48 heures[2], persiste dans les semaines qui suivent l’accident.

En cas de signes d’AIT, contactez immédiatement le 15 ! Une prise en charge dans les 24 heures diminue de moitié le risque qu’un AVC survienne dans les trois mois[3].

 

Comment réagir en cas d’AVC ?

 

Procéder à quelques vérifications simples

• Demandez à la personne de lever les deux bras : en cas d'AVC, l’un des deux reste immobile ou retombe.
• Demandez-lui de vous serrer les mains : si la pression est moins forte d'un côté, c'est un signe.
• Demandez-lui de sourire ou de tirer la langue : une asymétrie au niveau du visage est caractéristique de l'AVC.
• Faites-la parler pour détecter des troubles du langage.

« AVC, VITE le 15 ! »

Des signes d’AVC apparaissent ? Même s’ils ne durent pas, contactez sans tarder le 15 (Samu) ou le 112 (numéro d'urgence européen). Si vous entendez mal ou si vous avez des difficultés pour parler, vous pouvez communiquer par SMS via le 114.

N’appelez pas votre médecin et n’allez surtout pas vous-même aux urgences. Vous risquez d’aggraver votre état et de perdre un temps précieux.

L’AVC est une urgence absolue à prendre en charge dans les 3 heures pour éviter le décès. Ce délai permet également de réduire les séquelles et même parfois de les supprimer. Au-delà de 7 heures, les dommages sont souvent irréversibles.

Un aide-mémoire précieux pour réagir « VITE » [4]

  • V pour Visage paralysé
  • I pour Impossible de bouger un membre
  • T pour Trouble de la parole
  • E comme Éviter le pire en appelant le 15 (Samu)

 

Que faire en attendant les secours ?

Bougez le moins possible. Les mouvements augmentent la gravité de l’AVC et accroissent le risque d’AVC ultérieur en cas d’AIT.

Si vous êtes seul, restez assis ou allongé. Appelez une personne qui sera rapidement chez vous et pourra vous aider.

Si vous êtes avec une personne victime d’un AVC ou AIT[5]:
• Allongez-la en lui mettant un oreiller sous la tête, si possible, placez-la en position latérale de sécurité.
• Ne la faites ni boire ni manger.
• Ne lui donnez aucun médicament, à avaler ou à prendre en injection, même s'il s'agit d'un traitement habituel.
• Notez l'heure d’apparition des premiers symptômes, cette information est importante pour les traitements à venir.
• Regroupez si possible les ordonnances et les derniers examens de sang réalisés.

 

 


[1] Source : Société française neuro-vasculaire (SFNV).
[2] Accidents ischémiques transitoires (AIT), Ji Y. Chong, MD, Weill Cornell Medical College
[3] Travaux coordonnés par l’équipe du Pr Amarenco, chef du service de neurologie à l’hôpital Bichat, AP-HP, dans le cadre du projet international TIAregistry.org. Étude menée dans 21 pays, de 2009 à 2011, auprès de 4789 patients, victimes d’un AIT ou d’un accident cérébral mineur dans les 7 derniers jours. Ces résultats ont été publiés en avril 2016 dans la revue The New England Journal of Medicine.
[4] Source : ameli.fr
[5] Source : ameli.fr

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