Des vacances pour les aidants, un temps nécessaire

Prendre en charge une personne âgée ou dépendante au quotidien est une lourde responsabilité. C’est un investissement physique et psychologique de chaque instant. Même si le contexte ne semble pas s’y prêter, il est important que l’aidant pense aussi à lui. Les vacances peuvent apporter ce temps de respiration.

La présence et l’implication des proches auprès de personnes de plus de 60 ans est devenue une véritable question de société. Or, de nombreux aidants déclarent que les tâches effectuées impactent de manière négative leur bien-être physique ou moral. Sans pour autant parvenir à s’accorder des vacances ou un temps de répit nécessaire.

Un quotidien bousculé qui nécessite une pause.

Devenir aidant signifie généralement mettre sa vie entre parenthèses et consacrer soudain une grande partie de son temps à celui ou celle qui se retrouve sous notre responsabilité. Le quotidien est bousculé. Les tâches se succèdent sans laisser le temps de se poser, ni même de réfléchir aux aides qui pourraient apporter un soulagement. Prendre des vacances reste ainsi, de l’avis des aidants, totalement impensable.

Suite à une enquête de l’Insee réalisée auprès de 5 000 aidants informels(1), 40 % des personnes interrogées déclaraient que leur rôle ne leur permettait plus de partir en vacances. Un chiffre paradoxal alors que la lourdeur de la tâche nécessite peut-être encore plus que toute autre, de véritables temps de pause pour rompre le cercle vicieux de la fatigue et du stress qui s’installent.

Des bénéfices partagés

Partir en vacances agit en prévention et réduit le risque d’épuisement de l’aidant familial. Car le bénéfice des congés est immédiat aussi bien pour lui que pour la personne aidée.

Le repos, le plaisir, le bien-être sont autant de notions que l’aidant oublie trop souvent. Alors qu’elles sont essentielles pour faire face aux difficultés et se sentir moins submergé. Les vacances offrent un moment de répit hors du cadre habituel de vie. Objectif ? Souffler, oublier les contraintes, faire le point.

Les insomnies dues à l’inquiétude et au stress disparaissent souvent au bout de quelques jours. La sensation d’épuisement s’estompe peu à peu. L’aidant est moins sous tension et retrouve peu à peu une énergie mise à mal pendant le reste de l’année.
Les vacances sont également idéales pour renouer avec les autres, pour s’extraire du lien quasi-exclusif qui s’est établi avec la personne aidée.

Au retour, la relation aidant-aidé s’en voit ainsi le plus souvent améliorée. Plus détendu, l’aidant reprend son quotidien avec un regain de dialogue et de bienveillance envers le proche aidé. Il est plus à l’écoute et assume les tâches habituelles avec moins de tension. Pendant ses vacances, il a pu réfléchir à son accompagnement et prendre certaines résolutions. Celle, par exemple, de faire appel à des aides, de participer à des groupes de parole, de s’offrir plus souvent des moments de répit comme ceux qu’il vient de vivre.

Des séjours adaptés aux aidants

Partir en vacances seul, sans le proche aidé, c’est possible. L’aidant profitera pleinement de ce temps de repos et le proche, surtout si son degré de dépendance est avancé, préfèrera éviter les changements dans ses habitudes et les déplacements.

Comment organiser la prise en charge de la personne aidée ? Plusieurs solutions existent. L’aidant peut se faire remplacer à domicile. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide aux membres de la famille, par exemple, en alternant si besoin avec des gardes itinérantes de nuit pour les soulager. Les services de « répit » ou de « baluchonnage » qui font intervenir un professionnel à domicile pendant plusieurs jours peuvent aussi être sollicités. Le portage de repas à domicile apporte également une aide précieuse. Pour l’ensemble de ces services, le conseil départemental, la mairie ou encore des associations locales sont les organismes qu’il faudra contacter.

Des hébergements temporaires sont également proposés dans certains EHPAD ou résidences spécialisées dans l’accueil des personnes âgées.
Enfin, il est possible de faire appel à l’accueil familial qui permet de placer le proche quelques jours dans une famille habilitée par le département à le recevoir.

85 % 
des aidants qui sont partis
en vacances affirment s’être
reposés physiquement

89 %
d’entre eux affirment
s’être reposés moralement

94 %
des aidants sont prêts à repartir
en vacances après leur séjour

Source : OpinionWay pour l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances 2013-2014
(1) Conférence de la Famille, 2006.

Cet article en synthèse

  • Aider un proche dépendant nécessite une implication physique et psychologique importante.
  • L’aidant doit impérativement pouvoir s’accorder des temps de répit indispensables.
  • Des solutions existent pour prendre en charge temporairement la personne dépendante pendant une période d’absence.

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