Du bon entretien du linge en Ehpad

Collecte, nettoyage, séchage, repassage, rangement dans les chambres... Près de 2 500 kilos de linge sont pris en charge chaque mois dans une maison de retraite de 80 lits(1). Ce service très technique nous touche pourtant au plus près. Ne sommes-nous pas plus à l’aise et sûrs de nous lorsque nous nous sentons propres ? Ainsi, le confort de nos proches en Ehpad, mais aussi leur protection contre les risques microbiologiques, dépend en grande partie de l’entretien du linge. Il est donc essentiel d’en prendre le plus grand soin.

Francine est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle a toujours été coquette et tirée à quatre épingles. Qu’elle reste aussi propre et bien habillée qu’autrefois compte beaucoup pour ses proches. Au niveau relationnel, être présentable pour les autres personnes de l’établissement participe aussi à l’estime de soi. Surtout, c’est un gage de qualité de l’Ehpad dans lequel vit Francine : cela montre qu’elle est bien prise en charge par l’établissement.

La gestion du linge, un critère de choix

Des résidents bien habillés, avec des vêtements coordonnés, changés d’un jour sur l’autre, fait en effet partie de l’image de la maison de retraite, au même titre que la propreté des locaux. C’est rassurant pour les familles et pour leurs proches. Bien souvent, les vêtements qu’ils portent représentent le seul lien avec leur vie d’avant. Pour des raisons économiques, les familles peuvent choisir de gérer elles-mêmes le linge de leur proche. Mais cela représente cependant beaucoup de travail et il faut avoir suffisamment de rechange. De plus, psychologiquement, cela peut être difficile de laver le linge de ses parents. Déléguer cette responsabilité à l’Ehpad et à ses sous-traitants permet de soulager les familles. Le linge est repassé, plié, rangé... Nous l’oublions souvent, mais la gestion du linge est un critère important pour choisir la maison de retraite de son aîné.

 

La maîtrise du risque infectieux

Il n’existe actuellement aucune obligation légale ou réglementaire concernant la qualité de la prise en charge du linge en Ehpad. Cependant, des recommandations des Agences régionales de santé (ARS) visent à limiter le risque de contamination microbienne. En effet, si certains articles sont salis par un usage normal, d'autres sont souillés et requièrent des traitements spécifiques afin d’éviter la propagation de pathologies du type gastro-entérite ou des infections en tout genre.
La plupart des établissements appliquent le principe de la marche en avant : le linge propre et le linge sale ne doivent jamais se croiser. De plus, des plans de nettoyage régulier sont mis en place pour les sacs, chariots et locaux par lesquels transite le linge sale. Les prélèvements microbiologiques doivent également être très fréquents.

Des solutions différentes d'un Ehpad à l'autre

L’optimisation du circuit du linge en Ehpad varie selon les établissements en fonction du nombre de résidents accueillis et de leur degré de dépendance (plus celui-ci est élevé, plus la quantité de linge souillé augmente), de l’architecture des lieux, ainsi que des ressources humaines et financières disponibles. Un audit complet de l’intégralité du circuit du linge, de la collecte et du conditionnement du linge sale à la restitution du linge propre (kilos de linge traités, volumes d’eau et d’électricité consommés ou encore quantités de lessive utilisées) est conseillé avant d’opter pour une organisation. Dans la majorité des cas, les vêtements des résidents sont lavés, séchés et repassés au sein de l’établissement, que ce soit par l’équipe de l’Ehpad elle-même ou par une équipe extérieure sur place. Cela évite les retards de nettoyage et de livraison liés à un service de blanchisserie extérieur.

 

Un défi organisationnel et économique

Le reste - linge de literie, de toilette et de restauration, tenues des professionnels - peut être, au choix, traité à l’extérieur ou à l’intérieur de l’établissement. Si celui-ci fait appel à un sous-traitant, il doit élaborer un cahier des charges relatif aux conditions de prise en charge des textiles. Il est en droit d'exiger un compte-rendu d'analyse microbiologique réalisé par un laboratoire indépendant. Si l'établissement possède sa propre blanchisserie, celle-ci doit respecter des conditions : séparation du linge sale et propre, zones de tri, de lavage, de séchage et de repassage bien distinctes, machines à laver aseptiques, local de nettoyage des chariots de transport. Quelle que soit la solution choisie, la prise en charge du linge en Ehpad constitue un défi économique et organisationnel (étiquetage de chaque article au nom du résident et de l’établissement, tri et collecte du linge, etc.) pour l’établissement. Mais garantir du linge et des vêtements propres pour ses résidents est essentiel pour une maison de retraite : cela signifie qu’elle se soucie du bien-être de votre proche.

Sources : Ehpad Magazine n°22 – mars 2014

Cet article en synthèse

  • L’entretien du linge en Ehpad est un service technique qui requiert le plus grand soin.
  • Il n’existe actuellement aucune obligation légale ou réglementaire concernant la qualité de la prise en charge du linge en Ehpad, mais des recommandations visent à limiter le risque de contamination microbienne.
  • Garantir du linge et des vêtements propres pour ses résidents est essentiel pour une maison de retraite : cela signifie qu’elle se soucie du bien-être de votre proche.

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