La sexualité n’a pas d’âge

Le 26 septembre 2018 s’est tenue à Nîmes (Gard) la conférence « Sexagénaires : le plaisir dans l’avancée en âge ». L’occasion pour Wikidépendance de faire le point sur un sujet encore tabou dans notre société.

La sexualité c’est toute la vie

Selon une étude britannique(1), 54 % des hommes et 31 % des femmes de plus de 70 ans ont encore une activité sexuelle. Les seniors seraient même très actifs et auraient entre deux à trois rapports par semaine pour 73 % des 57-65 ans, 53 % des 65-75 ans, et 26 % des 75-85 ans. Éclairants, ces chiffres sur les pratiques de nos aînés peuvent déranger, les plus jeunes ayant souvent du mal à envisager la vie sexuelle de leurs parents ou de leurs grands-parents. Pourtant, même si l’amour charnel n’est plus celui des jeunes années, on peut s’aimer physiquement après 60 ans.

Les bienfaits d’une sexualité active

À l’âge d’or, la vie sexuelle est même recommandée par les médecins. Chez les hommes, avoir deux rapports par semaine multiplie par deux la chance de vivre dix ans de plus tandis que pour la femme, un lien a été établi entre la fréquence des orgasmes et la longévité. Beaucoup d’études mettent en avant les bénéfices de la sexualité, notamment contre le cancer de la prostate. Par ailleurs, les gens sont plus épanouis, moins malades, et on n’observe pas plus d’incidence sur les accidents cardiovasculaires.

Une sexualité adaptée à son âge

Toujours selon l’étude britannique, les seniors sont plus satisfaits de leur vie sexuelle avec l’âge : à la retraite, il est possible de redécouvrir la vie de couple sous toutes ses formes. Les soucis du travail ont disparu, on prend le temps de s’écouter et d’écouter l’autre. Moins inhibés, les seniors ont aussi moins peur d’essayer de nouvelles choses. Pour autant, il est nécessaire d’être bien dans sa peau et d’accepter les changements du corps liés à l’âge, ainsi que les défaillances physiques comme les troubles de l’érection (un homme sur quatre) ou la sécheresse vaginale. Consulter un médecin suffit parfois à régler le problème. Surtout, les seniors apprennent à s’aimer autrement. Caresses, massages et tendresse, après 60 ans, les seniors accèdent à une nouvelle forme de sexualité.

Et en maison de retraite ?

Derrière les murs d’une maison de retraite, l’amour doit aussi avoir sa place car c’est une opportunité pour faire de nouvelles rencontres. Au Québec, les maisons de retraite mettent à disposition de leurs résidents des « chambres d’intimité ». En France, peu d’Ehpad disposent de chambres doubles et on ne frappe pas toujours aux portes quand on rentre dans la chambre des résidents. Les stéréotypes ont malheureusement la vie dure.

(1) Archives of Sexual Behavior, janvier 2015.

Cet article en synthèse

  • 54 % des hommes et 31 % des femmes de plus de 70 ans sont encore sexuellement actifs. Des chiffres qui changent nos regards sur la sexualité de nos grands-parents.
  • Si avec l’âge la ménopause et la baisse de la testostérone peuvent faire obstacle à la sexualité, la libido, elle, ne disparaît pas : c’est l’occasion d’adopter une autre sexualité, plus tendre et plus lente.
  • D’un point de vue médical, la sexualité après 60 ans a des effets positifs sur le moral et la durée de vie, et aide à lutter contre le cancer de la prostate.

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