Protéger les résidents : haro sur le radon

Suivi médical, alimentation équilibrée, activités variées… Vous mettez tout en œuvre pour préserver le bien-être et la santé de vos résidents. Mais prêtez-vous suffisamment attention à la qualité de l’air intérieur ? Plusieurs éléments peuvent en effet être nocifs, parmi lesquels un gaz cancérigène : le radon. Naturellement présent dans les sols, il s’infiltre à plus ou moins grande échelle dans les bâtiments. Mais pas de panique : grâce à ce plan d’action en trois étapes, vous tiendrez l’ennemi à distance !

Étape 1 : Mesurer le radon

Depuis le 1er janvier 2019, les Ehpad ont l’obligation de mesurer la concentration du radon et de mettre en place des mesures correctives si celle-ci est supérieure à 300 Bq/m³. Vous pouvez mesurer l’exposition de votre établissement vous-même, c’est une action simple à réaliser et peu coûteuse. Équipez-vous d’un ou plusieurs dosimètres, que vous trouverez facilement sur Internet. Pour que la mesure soit la plus précise possible, vous devrez :

  • mesurer le radon durant deux mois consécutifs, entre octobre et mai ;
  • placer l’appareil dans les pièces de vie et non dans les cuisines ;
  • le mettre à l’abri du soleil et des sources de chaleur ;
  • le poser sur un meuble entre 80 cm et 1m50 du sol.

Votre établissement présente une surexposition au radon ? Il est temps d’agir.

Étape 2 : Identifier les failles

Cette étape, comme la suivante, nécessite l’intervention d’un professionnel. Sachez que la présence de radon à l’intérieur des bâtiments résulte de la combinaison de deux facteurs : l’environnement et l’architecture. Ainsi, selon les territoires, le radon est plus concentré, les sols plus perméables et la roche sous-jacente plus ou moins fissurée. S’il est impossible de modifier ces paramètres naturels, le bâti peut en revanche être amélioré. L’objectif ? Réduire la concentration du radon en luttant contre trois types de failles : une aération insuffisante, un manque d’étanchéité des surfaces et des défauts dans le soubassement.

Étape 3 : Effectuer les travaux

Le professionnel auquel vous aurez fait appel réalisera les aménagements nécessaires :

  • l’évacuation de l’air vicié. Pour ce faire, il installera un système de ventilation mécanique, en priorité dans les pièces de vie et les pièces humides. De votre côté, pour limiter les risques avant que les travaux débutent, vous devez aérer très régulièrement le bâtiment. Une bonne habitude à conserver par la suite, dans la mesure où l’intérieur des habitations est aussi source de pollution.
  • seconde étape : renforcer l’étanchéité des surfaces intérieures (murs, plafonds, planchers etc.) pour éviter la propagation du gaz. Il faudra par exemple obstruer les fissures, refaire les joints entre les murs et les sols ou encore traiter les matériaux creux comme les parpaings ou le placo ;
  • enfin, dans la mesure où le radon provient du sol, il est impératif de réaliser des travaux dans le soubassement, afin d’en améliorer l’étanchéité et la ventilation. Une opération encore plus essentielle si l’interface avec le sol est dégradée ou si le bâtiment possède des caves naturelles.

Cet article en synthèse

  • Le radon est un gaz cancérigène qui s’infiltre dans les bâtiments.
  • Pour en venir à bout, il faut d’abord en mesurer la concentration dans l’air. Si celle-ci dépasse 300 Bq/m³, des travaux doivent être entrepris.
  • Le professionnel interviendra sur l’aération du bâtiment, l’étanchéité des surfaces intérieures ainsi que le soubassement de l’habitation.

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