Quels sont les symptômes de la maladie d'Alzheimer ?

Dans cet article

  • Les troubles de la mémoire sont souvent les premiers à apparaître.
  • Il existe des symptômes cognitifs et comportementaux caractéristiques.
  • En identifier rapidement les signes permet de poser un diagnostic et d’agir au plus tôt.

La maladie d’Alzheimer, ce n’est pas seulement une perte progressive de la mémoire. Même s’il s’agit du symptôme le plus marquant et le plus connu. C’est aussi un ensemble de signes qui doit alerter et mettre sur la piste du diagnostic.

La maladie d’Alzheimer est la démence la plus fréquente en France. La dégénérescence cérébrale qui y est associée conduit à une forte perte d’autonomie. L’évolution de cette pathologie, malheureusement incurable à ce jour, est lente et variable selon les individus. Les premiers symptômes se déclarent en général vers 70 ans.
La consultation médicale intervient souvent tardivement. La vie quotidienne de la personne âgée est déjà perturbée et sa famille a besoin d’aide au quotidien. Différents symptômes cognitifs et comportementaux doivent alerter l’entourage. Leur dépistage précoce permet de faciliter la prise en charge de la personne âgée.

Les symptômes cognitifs

L’évolution des lésions cérébrales empêche progressivement le fonctionnement des facultés intellectuelles et mentales. Les troubles de la mémoire sont souvent les premiers à apparaître.

Les troubles de la mémoire

Alors que la mémoire à long terme (celle des souvenirs anciens) est préservée, la mémoire épisodique (celle des événements récents) est rapidement touchée. Le malade oublie des rendez-vous, des noms de proches, cherche des objets, ne sait plus se repérer dans les lieux familiers, etc.
Tous les types de mémoire de la personne atteinte sont affectés par la maladie :

  • la mémoire dite « du travail » (organisation du discours, prise de décisions…) ;
  • la mémoire à long terme (perte de repères, difficulté à enregistrer de nouvelles connaissances) ;
  • la mémoire sémantique (connaissances sur le monde, bagage culturel) ;
  • la mémoire procédurale (en lien avec l’activité motrice).
Les troubles du langage (aphasie)

Après ceux liés à la mémoire, ce sont les troubles les plus importants. Les malades perdent partiellement ou totalement leur capacité à communiquer. Progressivement, le vocabulaire se réduit. La personne cherche ses mots puis n’en utilise parfois plus qu’un seul, voire un simple son qu’elle décline sur plusieurs tons. Elle peut aussi parler dans un langage qui n’a aucun sens. À terme, le malade perdra l’usage de la parole.
La compréhension est préservée plus longtemps que l’expression. Toutefois, les capacités de compréhension du langage se réduisent peu à peu. Les phrases compliquées ou un vocabulaire précis sont d’abord difficiles à saisir puis ce sont les phrases simples ou les mots basiques qui deviennent incompréhensibles.

Les troubles des gestes (apraxie)

Ils seront à l’origine d’une perte de l’autonomie importante car ils obligeront le malade à demander de l’aide pour se laver, s’habiller, etc. Celui-ci sera incapable d’exécuter des gestes qu’il a pourtant effectués tout au long de sa vie. Des actions motrices plus compliquées, comme l’écriture, seront touchées. Puis, cela concernera des gestes simples, comme mâcher ou avaler des aliments. La maladie évoluant différemment selon les individus, certaines personnes seront rapidement en grande difficulté dans leur quotidien. D’autres conserveront un minimum de compétences.

Les troubles de la reconnaissance (agnosie)

L’agnosie visuelle est la plus fréquente, elle empêche le malade de reconnaître ce qu’il voit. Mais l’agnosie peut aussi être : tactile (l’identification de ce que la personne touche est impossible), olfactive (les odeurs ne sont pas reconnues) ou auditive (le malade n’identifie plus les bruits qui l’entourent, la parole, la musique). Ce symptôme entraîne de nombreux troubles du comportement. En ne reconnaissant plus les objets et/ou les visages, la personne va présenter des attitudes ou des réactions inadaptées à la situation.

Les troubles des fonctions exécutives

La maladie d’Alzheimer a des répercussions négatives sur l’attention (focalisation sur une tâche), la planification (organisation des actions en vue d’un objectif final) et le raisonnement de la personne (compréhension d’une logique de fonctionnement). Le malade a tendance à abandonner les tâches les plus complexes, éprouve des difficultés à se concentrer, est plus sensible aux interférences (bruits de la rue, discussions…) et réalise de plus en plus difficilement deux tâches simultanément.

Les symptômes comportementaux

La maladie d’Alzheimer agit sur l’humeur et le comportement de la personne avec une intensité plus ou moins forte selon les individus.

Les troubles affectifs et émotionnels
  • L’anxiété: Cet état est lié à un sentiment de peur ou d’inquiétude.  Le malade évoque des craintes ou des préoccupations au sujet d’événements et d’activités jusqu’alors non stressants.
  • L’apathie: Elle se manifeste par une perte d’autonomie, d’intérêt ou un émoussement des émotions.
  • L’irritabilité: Le malade peut avoir de brusques accès de colère, supporter difficilement l’attente ou un retard.
  • L’euphorie: La personne est trop joyeuse sans raison, développe un sens de l’humour puéril ou a tendance à rire de façon déplacée.
  • La dépression : La maladie d’Alzheimer peut causer tristesse, pessimisme et dévalorisation chez le malade. Il pleure, évoque le désir de mourir, etc.
Les troubles du comportement
  • L’agressivité : Elle s’explique par un sentiment de peur, de menace ou de révolte, un instinct de survie. Elle se manifeste par de la violence dans les paroles et les gestes, le refus de s’alimenter, de se laver, se recoucher la nuit, etc.
  • Le comportement moteur aberrant : Il s’agit des comportements d’errance, des activités répétitives ou excessives, des déambulations sans but apparent ou dans un but inapproprié (risque de fugue).
  • Les troubles du sommeil et de l’alimentation : Ils se manifestent par de l’insomnie, une inversion du rythme jour/nuit, des problèmes d’endormissement, des modifications d’habitudes alimentaires (grignotage compulsif, changement de goût) et des pertes de poids.
  • La désinhibition : La perte des interdits entraîne un comportement et/ou un langage inadaptés, ce qui peut être gênant socialement.
  • Les idées délirantes et hallucinations : Les idées délirantes s’expriment par des pensées, jugements ou ressentis déconnectés de la réalité (le malade peut penser qu’on veut lui faire du mal). Quant aux hallucinations (visuelles, auditives, sensorielles…), il s’agit de perceptions ou d’interprétations erronées de l’environnement (la personne peut discuter avec une personne imaginaire).

Diagnostiquer la maladie d’Alzheimer pour agir au plus tôt

Même si des travaux de recherche sont en cours, il n’existe pas aujourd’hui de possibilité de dépister la maladie avant la manifestation de ses signes. Il s’agit donc de la diagnostiquer au plus tôt, en identifiant les premiers symptômes, afin de préserver au maximum la qualité de vie des personnes touchées et ceci le plus longtemps possible. Le diagnostic permet d’enclencher une prise en charge médicale et médico-sociale adaptée et évolutive et d’apporter du soutien aux aidants.

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