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Comment mettre le diabète sous contrôle ?

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comment mettre le diabète sous contrôle

Le diabète est une maladie chronique qui nécessite une prise en charge qui implique fortement le patient. En effet, mettre le diabète sous contrôle exige toujours de modifier son mode de vie. Ainsi, en parallèle d’un éventuel traitement médicamenteux, le malade doit veiller à équilibrer son alimentation et faire de l’exercice. Un changement d’habitudes souvent radical qui demande parfois de se faire accompagner.

Sommaire

Le rôle crucial de l’alimentation

L’alimentation est le premier traitement du diabète. Il n’est pas question de régime, mais de bien choisir ses aliments. En effet, en respectant certains principes, il est possible de mieux maîtriser sa glycémie et donc de contrôler son diabète.

Voici les règles d’or d’une alimentation facilitant la régulation de la glycémie, c’est-à-dire du taux de sucre dans le sang :

1- Veillez à prendre trois repas par jour pour supprimer le grignotage qui favorise pics glycémiques et surcharge pondérale.
2- Limitez les graisses saturées (charcuterie, viande rouge, œufs, fromage, crème fraîche, beurre, pizzas industrielles…) au profit des graisses insaturées. Consommez avocat, poissons gras (saumon, sardine, maquereau, thon), oléagineux (noix…), huile d’olive crue ou cuite, huile crue (colza ou lin). Veillez toutefois à ne pas abuser de ces aliments pour éviter le surpoids, un facteur aggravant du diabète.
3- Optez pour du poisson 2 à 3 fois par semaine.
4- Mangez des produits riches en fibres qui ralentissent l’absorption intestinale des sucres et gomment les pics glycémiques. Mettez au menu fruits, légumes, légumineuses (pois cassés, lentilles…), céréales complètes, pain intégral (de préférence) ou complet…
5- Misez sur les aliments antioxydants. Une récente étude de l’Inserm montre qu’ils réduisent le risque de diabète de type 2. Introduisez fruits et légumes colorés (fraises, framboises, carottes, poivrons…), baies (myrtilles, mûres…), noix, noisettes, pruneaux, thé dans votre alimentation. Vous pouvez aussi consommer en quantités modérées du chocolat noir (à 70 % de cacao pour limiter graisses et sucres) et du vin rouge.
6- Dites non aux sucres ajoutés mais conservez les glucides dans votre alimentation. Pour équilibrer la glycémie, écartez les aliments à index glycémique (IG) élevé et privilégiez ceux à IG bas voire moyen.

On se bouge contre le diabète

Pendant une activité physique, les cellules utilisent le sucre présent dans l’organisme pour pouvoir répondre à l’effort. Solliciter les muscles aide donc à réguler le taux de sucre présent dans le sang. Bouger permet aussi de faire fondre la graisse, en particulier celle de l’abdomen qui augmente l’insulinorésistance des cellules.

Près de 80 % des diabétiques ont un indice de masse corporelle (IMC) indiquant qu’ils ont une masse graisseuse trop importante.

Calculez votre indice de masse corporelle
 
IMC (kg/m2) = poids (en kg) / taille (en m) x taille (en m)
 
Si votre IMC est égal ou supérieur à 25 kg/m2, il est temps d’agir !
À partir de 30 kg/m2, il y a obésité, d’autant plus sévère que l’IMC est important.
 
Par exemple, un adulte mesurant 1,74 m est en situation de surpoids au-delà de 74 kg (IMC = 25,10 kg/m2). Il est considéré comme obèse dès 91 kg (IMC = 30,06 kg/m2).
 

Vous ne savez pas quelle activité choisir ?

Retrouvez tous nos conseils et astuces dans notre dossier

L’activité physique, facteur de bien-être

L’alcool : avec modération

L’alcool n’est pas interdit aux diabétiques mais sa consommation doit être encadrée

En effet, sa teneur en sucres en fait une boisson très calorique. Une prise excessive d’alcool peut donc générer à terme un surpoids qui augmente le risque de diabète. Elle aggrave également les complications induites par la maladie, notamment les lésions aux yeux, aux reins et aux nerfs. Enfin, elle perturbe l’équilibre de la glycémie provoquant aussi bien une hyperglycémie (notamment avec des alcools très sucrés) qu’une hypoglycémie. L’hypoglycémie, c’est-à-dire la chute du taux de sucre dans le sang, résulte du travail de décomposition de l’alcool réalisé par le foie. Monopolisé par cette tâche, ce dernier ne peut libérer le glucose nécessaire au maintien de la glycémie, qui s’effondre.

Quelles précautions prendre pour boire de l’alcool sans risques quand on est diabétique ?

• Vous pouvez consommer de l’alcool, mais en quantité raisonnable. Évitez les boissons alcoolisées riches en sucres (vins cuits ou liquoreux, cocktails, bières…).
Mangez avant de boire de l’alcool (même s’il s’agit de quelques biscuits à l’apéritif). La nourriture dans l’estomac retarde le passage de l’alcool dans le sang et limite les chutes de glycémie.
Surveillez votre glycémie plus souvent que d’habitude (notamment avant et après avoir bu et au coucher).
Si vous êtes invité et qu’aucun convive n’est au courant de votre maladie, expliquez à vos hôtes comment réagir en cas de problème.
Gardez toujours sur vous 15 grammes de sucre pour compenser une éventuelle chute de glycémie due à un traitement hypoglycémiant. L’équivalent d’un petit verre de jus de fruits ou de soda ou encore 3 morceaux de sucre devraient suffire. Si, au bout d’un quart d’heure, la glycémie ne remonte pas, vous pouvez reprendre 15 g de sucre[2].
Prenez un en-cas avant de dormir même si la glycémie est bonne. En effet, le taux de sucre dans le sang peut diminuer jusqu’à 12 heures après l’ingestion d’alcool.
Supprimez l’alcool avant, pendant ou immédiatement après un exercice physique. L’effet hypoglycémiant de l’alcool amplifie la chute de la glycémie due à l’effort accentuant ainsi le risque d’hypoglycémie grave.
Tenez compte des glucides (sucres) contenus dans l’alcool pour calculer les doses d’insuline à injecter si vous en prenez.
Soyez vigilant si vous suivez un traitement antidiabétique. La consommation d’alcool peut augmenter ou au contraire inhiber l’effet des médicaments. Parlez-en à votre médecin traitant.
Évitez d’associer alcool et tabac.

Le tabac : à mettre sous contrôle !

Quand on est diabétique, le tabac est un facteur favorisant l’apparition de complications touchant le cœur et les vaisseaux.
Pour arrêter de fumer, n’hésitez pas à vous faire accompagner. Un tabacologue, un addictologue, le site Internet Tabac info service ou le programme du mois sans tabac peuvent vous aider à passer le cap difficile du sevrage tabagique. Pensez-y !

Une hygiène de vie saine prévient les complications vasculaires du diabète !
En régulant hypertension artérielle et taux de HDL (dit mauvais cholestérol), elle freine la dégradation des vaisseaux sanguins. Elle réduit ainsi le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’artériopathie des membres inférieurs.

Un traitement médicamenteux à suivre à la lettre

Si votre médecin a estimé qu’il était nécessaire de vous prescrire des antidiabétiques, respectez scrupuleusement ses indications. La réussite du traitement, et donc son efficacité, dépend du respect de certaines règles.

• Prenez aux heures et aux quantités indiquées les médicaments préconisés.
• Placez vos médicaments dans un endroit bien visible pour être sûr de ne pas les oublier.
• Lisez attentivement les notices des médicaments pour éliminer ceux qui sont contre-indiqués en cas de diabète.
• Soyez vigilant dans les situations pouvant modifier l’action du traitement (prise d’alcool, repas de fête, exercice physique…).
• Si vous constatez des effets indésirables, parlez-en immédiatement à votre médecin ou pharmacien.

Contrôler au mieux son diabète et se faire suivre régulièrement limite les complications à long terme.
Le diabète peut provoquer de l’insuffisance rénale, des accidents cardiovasculaires (AVC, infarctus…), une cécité… Autant de troubles qui risquent d’entraîner une perte d’autonomie et même de compromettre les chances de survie du patient.

Cet article en synthèse
.Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière sont les deux principaux leviers pour contrôler le taux de sucre dans le sang.
.Une consommation raisonnable d’alcool (pour éviter les déséquilibres glycémiques) et l’arrêt du tabac (facteur de risque cardiovasculaire) sont également indispensables.
.Pour qu’un traitement antidiabétique soit efficace, le patient doit rigoureusement suivre la prescription du médecin.

[1] Étude réalisée sur 64 000 femmes de 1993 à 2008.
[2] Source : Ameli.fr, Prévenir les risques d’hypoglycémie lors du traitement du diabète