Dans mon Ehpad, je suis chez moi ?

Le 3 juillet 2018, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) adoptait un texte sur la société inclusive. Porteur d’une vision nouvelle sur l’inclusion des personnes âgées et handicapées dans la société, celui-ci estime que les Ehpad sont trop stricts. Dans une société dite inclusive, ces établissements sont amenés à devenir de vrais domiciles.

L’institutionnalisation des personnes âgées dépendantes est souvent justifiée sous prétexte de bienveillance pour assurer leur sécurité. Or leur volonté n’est pas toujours respectée et cette situation génère un sentiment d’indignité : vulnérables, elles se sentent exclues d’une société où la vieillesse, la fin de la vie et la mort n’auraient pas leur place. En outre, ces personnes âgées payent pour un hébergement qu’elles n’ont, bien souvent, pas voulu et où elles ne se sentent pas réellement chez elles.

Le respect de la personne âgée dépendante

Dans son texte fondateur pour une société inclusive adopté en 2018 et dont la réflexion se déploie sur trois ans, la CNSA porte un projet opposé à toute forme de discrimination par le handicap, par l’âge ou par la santé. Particulièrement engagée dans le respect de la personne quel que soit son âge, elle pose les principes d’une société inclusive dans laquelle le modèle des Ehpad est en partie remis en cause : l’organisation trop sécuritaire et trop normée de ces établissements ne correspond actuellement ni aux attentes des personnes âgées, ni à celles de leurs proches, ni à celles des professionnels.

Vers un vrai chez soi, même en Ehpad

La CNSA propose donc une tranformation des établissements afin qu’ils deviennent de vrais domiciles. Par exemple, les Ehpad devraient autoriser la personne âgée à recevoir ses proches à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Elle aurait également la possibilité de choisir ses repas et de manger thaïlandais à midi si elle le souhaite. Cette liberté constitue la ligne de partage entre inclusif et non-inclusif.
Autre défi, financier celui-ci : diminuer le reste à charge (environ 1 700 euros/mois) afin de permettre aux classes moyennes de finir leurs jours dans un établissement si elles le souhaitent. Ces réflexions sur l’approche domiciliaire doivent être poursuivies et approfondies en 2019 et 2020.

 

Cet article en synthèse

  • En Ehpad, la volonté des personnes âgées dépendantes n’est pas toujours respectée ce qui provoque un sentiment d’indignité et d’exclusion de la société.
  • Le 3 juillet 2018, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a adopté un texte sur la société inclusive où l’organisation des Ehpad, trop sécuritaire et trop normée, est remise en cause.
  • Pour être inclusifs, les établissements doivent se transformer afin que les personnes âgées s’y sentent réellement chez elles.

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