La rupture d’approvisionnement des médicaments

Parkinson, maladie à corps de Lewy (MCL), Alzheimer… autant de pathologies neurodégénératives traitées par des médicaments spécifiques qui, hélas, connaissent parfois des ruptures d’approvisionnement.

Pourquoi certains médicaments ne sont-ils plus disponibles ?

Les ruptures de stock ont majoritairement pour origine des difficultés liées à la production de ces médicaments au plan international. Parfois, les difficultés d’approvisionnement proviennent de la chaîne de distribution sans que la fabrication du médicament soit concernée. L’impact est alors local, ou régional, et est géré par les laboratoires pharmaceutiques en lien avec les différents intervenants locaux concernés.

Le cas des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur

Comme leur nom l’indique, les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur concernent le traitement de pathologies graves, notamment les maladies neurodégénératives. À défaut de traitements curatifs adaptés à celles-ci, les médicaments prescrits améliorent les symptômes et facilitent la vie des malades.
Certains sont des inhibiteurs de la cholinestérase (Exelon ou Aricept) qui agissent sur les symptômes cognitifs de la maladie d’Alzheimer et de la MCL. D’autres, comme la Dopa (Modopar, Sinemet, Levodopa, etc..), traitent les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson.

Quels sont les dangers de telles ruptures d’approvisionnement ?

Une pénurie inquiète particulièrement les médecins car le sevrage de la plupart de ces médicaments, notamment dans le cas du Lévodopa, peut se traduire par des complications potentiellement graves pour le malade.
Dans tous les cas, les difficultés d’approvisionnement de ces médicaments entraînent un risque de santé publique, surtout quand il n’existe pas d’alternative thérapeutique disponible sur le marché français.

Que faire en cas de rupture d’approvisionnement d’un médicament ?

Avant tout, il ne faut pas se « laisser prendre » dans une situation de sevrage brutal. Il faut donc que le patient consulte son médecin traitant ou son neurologue pour planifier les mois à venir en intégrant le médicament générique, s’il est disponible, ou envisager des alternatives de traitement.
En dernière extrémité, si le malade devait être contraint à abandonner son traitement, il faut anticiper avec son médecin afin de réduire progressivement les doses.

La rupture de stock du Sinemet a débuté en août 2018 et est prévue jusqu’en mars 2019. Elle touche 45 000 patients sur les 200 000 personnes souffrant de la maladie de Parkinson en France.

Cet article en synthèse

  • Les maladies neurodégénératives sont traitées par des médicaments qui améliorent la vie du malade, à défaut de le guérir.
  • Les ruptures d’approvisionnement de certains médicaments sont dues à des problèmes de production, plus rarement de distribution.
  • Il faut éviter le sevrage brutal du traitement qui peut engendrer des conséquences graves.
  • Le patient doit se rendre chez son médecin pour adapter son traitement ou organiser la baisse des doses progressivement.

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