Plan Agir pour les aidants, la mobilisation est en marche !

En octobre 2019, le Premier ministre a présenté la stratégie de mobilisation et de soutien du gouvernement en faveur des aidants pour la période 2020/2022. Avec un budget de 400 M€, le plan Agir pour les aidants compte 6 priorités en faveur des quelque 10 millions de personnes accompagnant des personnes âgées, handicapées ou malades.

Première priorité : rompre l’isolement des proches aidants

Trop d’aidants ne sont pas encore assez informés sur les moyens mis à leur disposition près de chez eux. C’est pourquoi, dès cette année, une ligne téléphonique nationale de soutien et de premier niveau d’information va être mise à leur disposition. Également prévue en 2020, la constitution d’un réseau de lieux d’accueil labellisés « Je réponds aux aidants ». Un site internet dédié viendra renforcer le dispositif en 2022 et permettra d’identifier l’offre d’accompagnement disponible dans tous les territoires.

Priorité n°2 : leur ouvrir de nouveaux droits sociaux et simplifier leurs démarches administratives

Pour faciliter la vie des aidants, l’indemnisation du congé de proche aidant deviendra une réalité dès le mois d’octobre 2020. Portant sur trois mois ouvrés sur l’ensemble de la carrière, la mesure permettra de répondre à la fois à un besoin de soutien régulier et étalé dans le temps ainsi qu’à un besoin urgent et ponctuel. Elle sera ouverte aux salariés, travailleurs indépendants, fonctionnaires et chômeurs indemnisés. De même, il faut noter que, depuis novembre 2019, les périodes de congé proche aidant ne sont plus intégrées dans le calcul des droits au chômage afin d’éviter une baisse des allocations. Depuis le mois de janvier 2020, un congé de proche aidant pourra être pris dès l’arrivée en entreprise, sans attendre le délai de 1 an comme c’était le cas auparavant. Enfin, à partir d’octobre 2020, le congé de proche aidant indemnisé au titre des droits à la retraite sera pris en compte automatiquement, sans formalités à accomplir.

Priorité n°3 : leur permettre de concilier vie personnelle et vie professionnelle

Difficile de continuer à travailler tout en assurant son rôle d’aidant ! Pour faciliter cet équilibre précaire, le congé de présence parentale peut maintenant être pris de façon fractionnée, par demi-journée. Il est désormais accessible à tous : salariés, travailleurs indépendants, fonctionnaires, chômeurs indemnisés.
De même, pour aider notamment au retour à l’emploi des aidants qui ont dû arrêter de travailler un long moment afin d'assister un proche, le plan prévoit d’impliquer les entreprises dans l’accompagnement des salariés aidants. Ce soutien sera inscrit parmi les thèmes de la négociation obligatoire dans les entreprises en 2020, au titre de la responsabilité sociale et environnementale (RSE).

Priorité 4 : accroître et diversifier les solutions de répit

Parce qu’il existe de nombreuses situations différentes et que, par voie de conséquence, les besoins ne sont pas tous les mêmes, il est important de disposer d’une offre de répit diversifiée. Le plan national de renforcement et de diversification des solutions de répit, bénéficiant d’un financement dédié de 105 millions d'euros sur trois ans (2020/2022) prévoit, à terme, 10 000 places. L’objectif de doublement du nombre d’aidants soutenus d’ici 2022 passe, notamment, par le développement de l’accueil temporaire (comme l’accueil de jour), le déploiement de solutions de répit innovantes en partenariat public-privé et, d’ici 2022, la généralisation du relayage à domicile (sur le modèle du baluchonnage québécois). Ce dernier point est tributaire des résultats de l’expérimentation menée actuellement dans 54 départements.

Priorité n°5 : agir pour la santé des proches aidants

Face au grand nombre d’aidants qui négligent leur santé (31%), le gouvernement prévoit de lancer une enquête avec Santé publique France qui aura pour but d’étudier les risques qui pèsent sur la santé des proches aidants. En parallèle, il est souhaitable que s’instaure un « réflexe proches aidants » chez les professionnels de santé ou d’accompagnement à compter de 2020. Il sera encouragé via une formation initiale et continue des professionnels de santé mais, aussi, dès 2021, grâce au déploiement d’une formation à distance renforcée pour les professionnels des établissements et services médico-sociaux, en partenariat avec les universités.

Enfin, le dossier médical partagé (DMP) devra faire mention du rôle de proche aidant dès cette année. Ainsi, en cas d’accident du proche aidant, les professionnels de santé pourront s’assurer immédiatement qu’une personne dépendante n’est pas livrée à elle même, seule à son domicile.

Priorité 6 : épauler les jeunes aidants

Avec 40 % d’aidants âgés de moins de 20 ans, les jeunes représentent une population nécessitant un appui tout particulier. Il va s’agir, notamment, de veiller à ce qu’ils n’aient pas à endosser des responsabilités disproportionnées par rapport à leur âge. Après l’aménagement des rythmes d’études pour les étudiants aidants depuis la fin de l’année 2019, le dispositif gouvernemental prévoit de sensibiliser les personnels de l’Éducation nationale pour repérer et orienter les jeunes aidants, grâce à des outils efficaces et co-construits avec le monde associatif. Dans un premier temps, une expérimentation sera lancée en 2020 en Île-de-France et Occitanie.
Ce repérage systématique des jeunes aidants se fera aussi avec la mobilisation du service national universel et du service militaire adapté. Enfin, le déploiement de solutions de répit adaptées à leurs besoins est prévu dès que possible, après évaluation de l’expérimentation en cours des ateliers cinéma-répit.

Sources : Dossier de presse « Agir pour les aidants », interview de Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat aux personnes handicapées.

Cet article en synthèse

  • La stratégie de mobilisation et de soutien des aidants vise à reconnaître le rôle des proches aidants mais aussi d’améliorer leur qualité de vie.
  • Une allocation journalière sera versée dans le cadre du congé de proche aidant.
  • Les aidants pourront bénéficier d’un service d’assistance et d’information par téléphone, internet, et au sein de lieux labellisés.
  • Les solutions de répit vont se diversifier, se renforcer avec l'objectif de doubler d'ici 2020.

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