Quels aménagements pour faciliter le maintien à domicile ?

Rester chez soi, conserver ses habitudes et ses repères le plus longtemps possible, est essentiel. Encore faut-il que le domicile de la personne âgée ou dépendante soit adapté. Tour d’horizon des aménagements apportant sécurité et confort au quotidien pour faciliter le maintien à domicile.

Les agencements à réaliser pour adapter son logement

Les chutes représentent 80 % des accidents de la vie courante au-delà de 65 ans(1). Vous pouvez en limiter les conséquences grâce à une garantie adéquate, mais vous pouvez aussi les éviter en opérant des changements dans votre intérieur.

Faciliter les déplacements

Dégagez les lieux de passage : enlevez les objets dans lesquels vous pouvez buter (paillassons, pots de fleurs…), ôtez les meubles inutiles ou encombrants sauf s’ils vous aident à vous tenir et à avancer, rangez tuyaux d’arrosage et outils de jardin lorsque vous n’en avez plus besoin.

Limitez les risques : ne cirez pas les parquets et supprimez les patins, fixez les tapis avec de l’adhésif double-face ou retirez-les, placez des tapis antidérapants dans la douche ou la baignoire, déplacez les fils électriques qui traînent ou accrochez-les, éclairez suffisamment le palier extérieur et les escaliers.

Engagez les travaux nécessaires : posez moquette ou revêtement antidérapant sur les parquets et dans les pièces humides, installez des barres de maintien dans les sanitaires (baignoire, douche, toilettes) et des rampes le long des escaliers et des couloirs, prévoyez des interrupteurs pour commander les éclairages depuis le lit, installez des lampes à détecteur de mouvement, posez des nez de marche antidérapants ; si nécessaire, rendez les toilettes accessibles depuis la chambre et sécurisez-les avec des barres d’appui.

Simplifier le quotidien

Gardez les produits usuels à portée de main : rangez toujours au même endroit médicaments, lunettes, télécommande, téléphone sans fil ; disposez les objets lourds en bas des placards et les ustensiles et produits courants devant, transportez les plats sur une table roulante.

Facilitez-vous la vie : préférez les fauteuils peu profonds pour vous relever facilement, augmentez la hauteur de votre lit pour en faciliter l’accès ; pour éviter la fatigue lors de la toilette, installez un tabouret dans la douche, une planche ou un siège de bain (à suspendre ou pivotant) dans la baignoire.

Effectuez les aménagements indispensables : abaissez les placards trop hauts, remplacez les étagères par des tiroirs profonds ou des paniers coulissants ; utilisez de préférence des plaques vitrocéramiques, pour enlever les casseroles du feu en les glissant, à défaut, des plaques électriques ; mettez des mitigeurs à la place des robinets ; et, si besoin, remplacez la baignoire par une douche de plain-pied sans rebord.

Les équipements à choisir pour gagner en confort

Vivre chez soi sereinement nécessite parfois d’avoir recours à des aides techniques. Elles sont à sélectionner en fonction de la mobilité de chacun et en concertation avec le médecin, le kinésithérapeute et un ergothérapeute qui pourra vous recommander les installations adaptées à votre situation.

Bouger en toute tranquillité

En cas de pieds douloureux, optez pour des chaussures de confort qui maintiennent pied et cheville et limitent les chutes ou les torsions ; après une opération du pied ou en cas de pathologie comme le diabète, portez des chaussures orthopédiques pour protéger votre voûte plantaire ; selon votre degré d’autonomie, utilisez des bâtons de marche, une canne, simple ou tripode, ou un déambulateur, fixe ou à roulettes, et pensez, si nécessaire, à installer un monte-escalier.

Être plus autonome

Lors des repas : un ouvre bocal adapté pallie le manque de force, une anse amovible facilite la préhension des verres, des ustensiles coudés ou à manche épais ou long sont plus faciles à attraper et à tenir, des sets de table antidérapants évitent la chute d’objets, etc.

Lors de la toilette : un élévateur de bain facilite l’entrée et la sortie de la baignoire, une chaise de douche ou de baignoire évite la fatigue, un rehausseur de toilette permet de s’asseoir et de se lever plus facilement, des toilettes d’appoint (chaise percée) dans la chambre limitent les déplacements la nuit ; des produits adaptés (protections anatomiques, sous-vêtements absorbants, alèses) apportent confort et sérénité en cas de fuites urinaires ou d’incontinence.

Lors de l’habillage : choisissez des vêtements faciles à enfiler, préférez élastiques et velcros aux boutons et fermetures Éclair ; si vous manquez de dextérité, munissez-vous d’un enfile-bas ou d’un crochet d’habillage.

Favoriser son bien-être

Pour se lever sans effort, un siège releveur est très utile. Un fauteuil coquille (prescrit après une hospitalisation) ou un fauteuil releveur facilite, de surcroît, la détente avec son dossier réglable. Pour soulager vos douleurs musculaires et renforcer votre tonicité, pensez à utiliser un fauteuil massant, un couvre-siège ou un coussin de massage.

Pour communiquer facilement avec votre entourage, équipez-vous d’un téléphone à grosses touches mémorisant les numéros les plus utilisés ; si nécessaire, portez un appareil auditif.

Pour continuer à vous distraire, lire, écrire, faire des mots croisés, munissez-vous d’une loupe de lecture et, si vous êtes alité, d’une tablette de lit.

Les aides à solliciter pour sécuriser son environnement

Renforcer la sécurité de son logement demande parfois d’avoir recours à des aides extérieures, qu’elles soient financières ou humaines.

Pour être certain d’aménager au mieux votre domicile, pourquoi ne pas consulter un professionnel ? Un ergothérapeute et le centre d’information et de conseil en aides techniques (CICAT) sauront vous guider pour agencer votre environnement. Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite, de votre conseil départemental ou du Clic ou rapprochez-vous de l’ergothérapeute de l’hôpital si l’aménagement intervient après une hospitalisation.

De même, des aides financières peuvent vous être octroyées : l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) et divers organismes contribuent au financement de ces aménagements. Par ailleurs, votre caisse d’assurance maladie prend en charge certaines aides techniques alors que l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) peut financer une partie des frais engendrés par l’intervention d’un ergothérapeute. Certaines mutuelles peuvent également apporter un soutien financier : Tutélaire par exemple propose, au titre de son action sociale, des aides non remboursables à ses adhérents(2). N’hésitez pas à vous renseigner.

 

(1) Enquête permanente sur les accidents de la vie courante, 2016, Institut national de veille sanitaire
(2) Après étude du dossier par les membres bénévoles des commissions d’action sociale ou de la commission locale

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